‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 60 sur 108 · TES · texte numérisé non relu

TES

ee LÉ

“oration de l’église. Eglise bien pauvre sans doute. puisque pour orner le seul autel qu'on y voit il avai fallu épuiser tous ses trésors. Eglise bien petite, puisqu’en y comprenant le chœur et l’autel, elle mesure à peine huit toises de long sur quatre de large. Mais. mon révérend Père, ah! je n’en doute pas, si par la

pensée vous élevant au dessus des montagnes qui l'avoisinent, vous eussiez vu que depuis les limites del civilisation américaine jusqu'aux rivages de l’Océan pacifique, ce pays immense ne renferme que deu maisons de prières semblables à elle ; si à l'aspect de la vallée où elle s'élève, vous vous étiez rappelé que cette terre autrefois maudite, où, pour me servir des termes énergiques appliqués à un plus grand ordre de choses, tout était Dieu, excepté Dieu même ; que cette terre, dis-je, était devenue une terre sanctifiée dont les rivières avaient déjà vu leurs ondes servir à la sanctification des âmes; une terre sainte dont les forêts avaient fait servir leurs plus beaux arbres à l construction d’un temple plus glorieux que celui de Salomon ; une terre féconde dont les fruits offerts sur l'autel allaient devenir pour ses enfants la manne des élus. Alors, sans doute dans les transports d’une sainte admiration, votre âme se serait écriée avec la foi des patriarches : Vraiment c’est ici la porte du ciel. 0 Eglise du désert, nous voici arrivés au plus beau jour de tes triomphes. Les étoiles du firmament brillent encore de tous leurs feux; quels chants se font entendre? Lauda Sion Salvatorem... Qui chante cel admirable cantique ? des sauvages. Quels sauvages”?

des priè

| que Joig

Jam

| péné

ten

| teur

le ca celui tout

| pare

prit, veau] gloir on € sont times rieur leurs ainsi.

à leu se p avior obst:

tenir saint de s' tout que

sans doute, voit il avait petite, puisle mesure ; large. Mais, as, Si par la ynes qui l’aimites del de l’Océn > que deu\ l'aspect de "appelé que e servir des rand ordre même ; que e sanctifiée les servir à te dont les arbres à la e celui de

offerts sur manne des ’une sainte

la foi des du ciel. O beau jour t brillent font enhante ce!

sauvages ?

des hommes qui naguère encore n’adressaient leurs prières qu'aux animaux de leurs forêts. Où vont-ils ?

| que vont-ils faire? Ah ! c’est ici que je dois adorer.

Joignez-vous, Ô mon âme, à ces nouveaux adorateurs.

| Jamais adorations furent-elles plus agréables? Ils ont | pénétré dans le sanctuaire. Quel changement ! Non. ce n'est plus la pauvre petite chapelle aux yeux de

leur foi, c’est le palais, c’est le trône du divin amour; le cœur de Jésus est là, l’image qui le représente avec celui du cœur immaculé de Marie est environnée de tout ce qui peut rappeler les biens à venir qu’il prépare à ceux qui l'aiment. Loin de distraire leur esprit, ces pieuses représentations, ces ornements nouveaux, en élevant leurs pensées jusqu'au séjour de la cloire, les porte au recueillement. Quel recueillement en effet que le leur! Ils sont à genoux ; on dirait qu’ils sont à recueillir jusqu'aux mouvements les plus intimes de leurs âmes pour mieux écouter la voix intérieure qui leur parle. Comptant sur l'excellence de leurs dispositions, nous avions présumé qu’il en serait ainsi, et, pour cette raison, préféré de les abandonner à leur propre dévotion ; seulement, ainsi que la chose se pratique toujours en pareille circonstance, nous avions écarté avec soin tout ce qui aurait pu y faire obstacle, Ainsi, le moment où l’on devait s'asseoir, se tenir debout ou s'agenouiller, les approches de la sainte table, la manière de s’y présenter, de s’y tenir, de s'en éloigner, tout cela avait été réglé d'avance, et tout cela se fit avec un ordre qui n’offrit d’exceptions que celles qui pouvaient donner une plus haute idée

Er RO. LME Pre

de la piété de ces bons sauvages, Avant qu'ils ne se fussent approchés de la sainte table, le KR. P. Joset, qui avait le bonheur d’être prêtre officiant, leur avait adressé quelques mots d’édification ; mais la tendre piété qui respirait sur tous les visages au moment de la communion fit craindre à son humilité qu'il ne gâtt l’œuvre de Dieu, s'il ÿ mêlait du sien. En conséquence, pendant l’action de grâces, chacun fut laissé à soimême, comme pendant la sainte messe. Quand on eut jugé qu’ils avaient suffisamment satisfait à leur dévotion, on récita aux intentions de l'Eglise les prières accovtumées, et le tout se termina par la répétition du Lauda Sion (1"* strophe). Ce chant grave et les paroles de cette prose avaient quelque chose de si conforme à la solennité du jour, qu'on enfitservir la répétition comme de cadre à tous les autres offices.

La grand’ messe, qui eut lieu vers les dix heures, et la consécration à la sainte Vierge, qui se fit dans l'après-midi, n’eurent rien de remarquable que la permanence du sentiment qui remplissait le matin tous les cœurs. Ce n’est pas d'aujourd'hui qu'il a été observé que plus l’âme est pleine du sentiment ineffable dont nous parlons, moins elle est portée à se répandre au dehors. Il en fut ainsi pour nos communiants : j'ai vu les plus jeunes se retirer à l'écart pour mieux jouir de leur bonheur.

Le soir, pour la rénovation des vœux comme pour la messe de communion, illumination brillante autant que le comportait notre pauvreté, Nous avions une douzaine d’adultes à baptiser. La cérémonie de leur

bap rap faité me lieu en | tion ar gnet sion pieus sacr «Ob bien aime des ] sacre pelle!

hélas tits | furen avaie Le:

canti des j Noire teurs j eus (onn répél

u'ils ne se

P. Joset, leur avait

la tendre noment de ilne gâtât séquence, issé à soiand on eut leur dévoprières ac- Jétition du les paroles conforme répétition

x heures, se fit dans e que la le matin qu’il a été 1ent inefpriée à se commuart pour

me pour e autant ons une » de leur

baptême, qui pouvait aider à l'édification de tous et rappeler aux communiants les promesses qu'ils avaient faites en pareille circonsiauce, fut placée immédiatement avant la rénovation. Pour ce dernier acte, au lieu des formules ordinaires un peu difficiles à traduire en langue sauvage, on se contenta de la triple récitation de l'acte d’amour que tous savent. C'était comme la réponse à la triple interprétation que notre Seigneur avait adressée à S. Pierre. Après cette expression si vraie de leurs sentiments actuels, leurs yeux pieusement tournés vers l'autel oùétait exposé le saint sacrement, ils semblaient ajouter avec S. Augustin : «Obeauté toujoursancienne et toujours nouvelle, c’est bien tard que nous vous avons aimée, mais nous vous aimerons toujours. » Pour servir comme de sceau à des promesses si cordiales, la bénédiction du saint sacrement suivit et termina une journée qu’on n’appellera jamais assez la plus belle de la vice. Mais. hélas! au gré de tous, journée bien courte, on le sentit; les instants qui précédèrent la sortie de l'Eglise furent des instants de regret : toutes ces bonnes àr es avaient peine à s’en arracher.

Les Gœurs-Pointus trouvent dans leurs prières. leurs cautiques et leurs saintes conversations un avant-goùt des joies du ciel. Es visitent fréquemment les Robes- Noires. Plusieurs fois je me vis entouré de ces visiteurs, qui attendirent dans le plus profond silence que j'eusse fini mon oflice. L'un d'eux se mit alors à ertonner le premier verset du Lauda Sion, et tous le répétèrent avec lui, Ii est vraiment consolant de voir

é : SR | u qu'aux extrémités du monde païen, aussi bien qu'au a centre de la civilisation, l'Eglise fait les mêmes efforts D ?°

pour convertir et sauver le genre humain. se

e. D e. LA . est Je suis votre très humble serviteur en Jésus-Christ. san

E cha | qui | dix à une pout peu A. M. D. G. | gran | four Camp des Flat-Heads, rivière Ycllow:tone, | de pc 6 septembre 1846.

Page 1