‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 7 sur 108 · HAT · texte numérisé non relu

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sance pour tous les égards du commandant de l’expé-

dition et du capitaine Brotchie, dent j'avais eu tant à me louer dans la traversée des îles Sandwich au Fort- George.

« La mer était bien calme, mais le temps était couvert d’une brume épaisse. Par précaution j'avais pris Un compas, sans quoi je me serais indubitablement égaré, ayantune traversée de vingt-sept milles à faire. Le premier jour nous atteignimes une petite île qui se tfouve entre l'extrémité de Vancouver et le continent. Nous ÿ passâmes la nuit. Mes Indiens, qui avaient tué ün loup marin d'un coup de fusil, firent grand festin le Soir. Vous ne sauriez croire combien un sauvage peut manger dans un seul repas; mais, s’il est vorace dans Pabondance, il sait aussi jeûner plusieurs jours de Suite sans en éprouver beaucoup de fatigue.

« Le 25, il faisait une forte brise du nord-ouest; mes fameurs, avant de s'éloigner du rivage, montèrent sur une colline pour reconnaître si la mer était bien grosse au milieu du détroit, ils furent assez longtemps dse décider. Enfin ils dirént qu’à l’aide d’une voile on pourrait se tirer d'affaire. Un mât fut donc préparc, une couverture servit de voile, et nous voilà à I merci des flots. Vers trois heures de l'après-midi nous abordâmes à l'ile Widbey, non sans avoir court quelque danger.

«Un grand nombre de sauvages Klalams et Skadjats vinrent 1e recevoir sur le bord de la mer; je connaissais de réputation le premier chef des Skadjats, et je demandais à le voir. On me dit qu’il était parti

depuis deux jours pour l’île Vancouver, afin de n'y rencontrer. À sa place on me présenta ses deux fils. L'un d’eux en me serrant la main me dit : « Mon père « Hetlam n’est pas ici, il est allé à Kamosom (nom de « la pointe sud de l’île Vancouver) pour t'y voir ; mais «s’il apprend que tu esici, il va revenir à la course, «Il sera bien content si tu restes parmi nous, car il « est fatigué de dire la messe tous les dimanches et de « prêcher à ses gens! » J’ai su plus tard que sa messe consistait à expliquer aux sauvages de sa tribu l'échelle chronologique-historique de la religion, à faire force signes de croix et à chanter quelques cantiques avec le Kyrie eleison.

« Je dressai ma tente près de la croix que M. Blanchet avait plantée dans cette île en 1840, lorsqu'il y aborda pour la première fois. Le lendemain tout le camp des Skadjats se rendit près de moi pour entendre la parole de Dieu. Pour vous donner une idée de la population de cette tribu il sufiit de vous dire que je donnai la main à une file de six cent cinquante personnes, et ce n'était pas tout; plus de cent cinquante Indiens qui avaient passé la nuit près de ma tente n'étaient point de ce nombre, et presque tous les vieillards, les femmes âgées et beaucoup d’enfants étaient restés dans leurs cabanes. Après l'instruction plusieurs cantiques furent chantés avec un tonnerre de voix étourdissant.

« Plusieurs parents m'avaient prié de baptiser leurs enfants; je me rendis au village, et demandai qu'on me présentât tous les jeunes Indiens au dessous d°

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sept ans, qui n'avaient pas encore reçu la grâce de la régénération. Aucun d'eux ne fut oublié; ils étaient au nombre de cent cinquante. Cette fois, la cérémonie eut lieu dans une petite prairie, entourée de hauts sapins séculaires. Il n'était pas midi lorsque je commencai, et je ne finis qu’au coucher du soleil. J'étais mort de fatigue; le ciel avait été sans nuages et le soleil ardent, ce qui m'avait causé un violent mal de tête, De plus, un bien mince déjeuner que j'avais pris de bon matin dut me soutenir jusqu’à la nuit close.

« Le 27, le chef de Skadjâts me déclara qu’il ne convenait point que je fusse logé dans une maison de toile (sous une tente) : « C’est pourquoi, ajouta-t-il, demain « tu me diras où tu veux que nous te construisions une « demeure, et tu verras combien ma parole est puis- «sante quand je parle à mes gens. » Voyant la bonne volonté de ce chef, je lui indiquai une petite éminence, et aussitôt je vis arriver plus de deux cents travailleurs; quelques-uns avaient des haches et étaient destinés à couper le bois; les autres devaient le char- Mic: sur leurs épaules. Quatre des plus habiles se Mireut en Cevoir d'ajuster la charpente, En deux fou. tout fut terminé, et je me trouvai installé dans une reiuson de Vingt-huit pieds de long sur vingt-cinq de larze, Bien entendu que le bois était brut ; mais le toit était couvert en écorces de cèdre ct l'intérieur revêtu de nattes de jone, Pendant toute la semaine, je à plusieurs instructions à ces sauvages, et leur appris “05 cantiquess car, avec eux, si on ne chante pas, les meilleures choses re valent riens illeur faut du bruit.

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