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« J'avais terminé les exercices de la Mission, lorsque arrivèrent plusieurs sauvages du continent. Dès qu’ils m'aperçurent, ils se jetèrent à genoux près de moi, et s’exprimèrent ainsi: « Prêtre, voilà quatre « jours que nous sommes en chemin pour te venir voir, « nous avons marché la nuit comme le jour et presque « Sans manger. Maintenant que nous te voyons, nos « cœurs sont dans une grande joie. Aie donc pitié de « nous ; nous avons appris qu'il y a un maître là haut, « mais nous ne savons pas lui parler. Viens chez nous, « tu baptiseras nosenfants, comme tu a baptisés ceux « des Skadjâts. »
« J'étais attendri par ces paroles. Assurément je n'aurais fait aucune difficulté pour les suivre dans leurs forêts; mais je n’avais que peu de jours pour me rendre à Skwally, où j'étais annoncé. Il fallut partir.
« Je quittai ces bons Indiens le 3 avril. Pendant mon séjour au milieu d’eux je n’ai éprouvé que des consolations. Ce sont eux quim’ont nourri, et bien certainement ils sont allés au-delà de mes désirs.
« Vous voyez, Monsieur, par cette relation, que les sauvages de la baie de Puget montrent assez de zèle pour la religion. Cependant ils ne comprennent guère l'étendue de ce mot. S'il ne s'agissait que de savoir quelques prières et de chanter des cantiques pour être chrétien, il n’y en a pas un qui ne voudrait le devenir. Mais il est un point capital qui les retient, c’est la réforme des mœurs. Aussitôt qu’on touche cette corde, leur ardeur se change en indifférence. Les chefs ont beau faire à ce sujet de véhémentes harangues à leurs
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gens, quelle ÿnpression peuvent-ils produire, eux qui sont les plus coupables ? Je ne me défie nullement de la Providence ; mais on peut dire, sans trop s’exposer à commettre l'erreur, que nos principales espérances ne reposent pas sur les tribus qui habitent les bords de l’Océan, ou qui sont fixées à l’embouchure des nombreuses rivières qui s’y jettent.
« J'ai l’honneur d’être, Monsieur, votre très humble serviteur,
« J.-B.-Z. BOLDUC, miss. apost. »