‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 74 sur 108 · DECOUVERTE DES BUFFLES · texte numérisé non relu

DECOUVERTE DES BUFFLES

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supérieure de la rivière, jusqu’à l'embouchure de la Roche-Jaune, gagne vers le nord.

La Roche-Jaune, qui a une embouchure de huit cents verges de largeur, et qui y paraît aussi large que la rivière principale, est probablement le plus grand tributaire du Missouri : elle entre du côté du sud-ouest, à douze cent seize milles de sa source et à dix-huit cent quatre-vingts milles de sa jonction avec le Mississipi. Les bateaux à vapeur montent jusque-là, et pourraient monter plus haut dans les deux branches.

La longueur de la rivière Missouri et de ses sources jusqu’à son embouchure, est donc de trois mille quatre-vingt-seize milles; ajoutez-y treize cent cinquante-trois milles de son embouchure jusqu’au golfe du Mexique, vous aurez un total de quatre mille quatre cent quarante-neuf milles, C’est sans doute la plus longue rivière du globe. Depuis le golfe jusqu'aux Grandes chutes, on ne rencontre aucun obstacle insurmontable dans sa navigation. Ses principaux tributaires sont navigables dans une largeur de cent à huit cent milles.

Le sol alluvial, sur cette rivière et sur ses tributaires, est fertile, mais peu étendu et sujet detemps en temps à des inondations. En quittant ces bas-fonds, on entre dans des plaines élevées et immenses, couvertes de verdure et entouré, çà et là, de broussailles et de forêts. ‘La région supérieure que le Missouri traverse est stérile et aride. Le courant du fleuve est rapide et trouble, dans la plus grande partie de son cours. Il a un demi-mille de largeur à son embouchure : il est

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beaucoup plus large dans plusieurs autres endroits. Bien que toutes les eaux de cette immense région et de tant de grands tributaires, se réunissent dans le Missouri, il est cependant si bas, dans certaines saisons de l’année, que les bateaux à vapeur y trouvent à peine un passage. On attribue ce manque d’eau aux pays arides ct ouverts que la rivière arrose et à sa grande évaporation.

Les ressources que le Mississipi et le Missouri peuvent offrir au commerce sont incalculables, et n’ont point encore été assez appréciées, Pendant des milliers d'années, ces magnifiques rivières de l’Amérique roulèrent paisiblement leurs eaux à travers les vastes forêts, les prairies fertiles, les montagnes les plus pittoresques, reflétant les scènes variées d’une nature capricieuse; elles n'étaient alors connues que du sauvage errant de l’oucst, ou des animaux qui paissent sur leurs bords. Enfin elles attirèrent les regards des hommes civilisés, (1) et maintenant elles ont

(1) En 1673, les P. Marquet et Joliet, Jésuites, découvrirent le Mississipi. Après avoir traversé le lac Michigan, ils entrèrent les premiers dans le Wisconsin. « Ici, dit Marquet, les guides retour- « nérent, nous abandonnant seuls à la Providence, dans cette « région inconnue, » Ils s’embarquèrent en canot sur la large rivière du Wisconsin, et 1a descendirent pendant sept jours, après lesquels ils entrèrent heureusement dans le grand fleuve, avec une joie inexprimable. Dans leur route, ils visitèrent les tribus qui en habitaient les bords ct furent les premiers blancs qui foulassent le soi de l'Iowa. Au risque de perdre la vie à chaque instant, j!s descendirent et passèrent l'embouchure de l'Ohio ; ils quittèrent enfin la région des prairies et cutr:rent da::s les buissons de can.

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