‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 73 sur 108 · VA · texte numérisé non relu

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| { faveur de son frère. Il possède le don de la parole à un degré éminent. Il est journellement ici, répétant et commentant les instructions que nous donnons. I! f exerce sur sa troupe une très heureuse influence, et | c’est sans doute à ses efforts que l’on doit que les ; Î F

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Pegans soient les premiers, parmi la tribu des Pieds- Noirs, à manifester de favorables dispositions; ils seront aussi probablement les premiers à embrasser et à mettre en pratique les salutaires vérités du christianisme. Il présente dans sa personne une rare exception parmi son peuple, et c’est réellement le seul exemple 1! que j'’aierencontré dansmes relations avec les Indiens, (TH particulièrement chez ceux de son âge, d’un Indien (LR ayant vécu, avec une seule et même femme, en paix | et en parfaite harmonie. Il reçut au baptême les deux noms d’Ignace-Xavier, qui furent gravés sur la médaille qu'il porte constamment sur lui, pour se rappeler les vertus qui distinguent ces grands saints. Espérons que les premières grâces qui ont été répanducs sur cette :ribu produiront des fruits de salut pour tous.

22 septembre. Jour de grande réjouissance; danse. Toutes les parures des Indiens sont déployées; tous les bonnets de guerre ornés de plumes d’aigle figurent dans la danse; un millier de voix entonnent la même chanson. Les réjouissances se prolongent jusqu'au soir, les prières communes ont été traduites; déjà plusieurs savent ce qu’il faut croire. Puisse la n'é pratique du bien prendre bientôt profondément ra- co cine dans leur cœur. Sata, notre interprète, agit co

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comme un apôtre; après chaque interprétation, il résume son discours, et parlant d’abondance du cœur, il produit un puissant effet sur son auditoire. Le mot Sata, ne diffère pas pour le sens de celui de Satan, et comme l’Indien reçoit généralement son nom des dispositions qu’il manifeste, nous pouvons hardiment conclure que lorsque un pareil nom est donné à un Pied-Noir, c’est que la grâce de Dieu a opéré puissamment en convertissant ce sauvage, et en le faisant ce qu'ilest maintenant.

23 septembre. Il n'y a rien de remarquable, si ce n'est une preuve de foi donnée par nos nouveaux catéchumènes. Un vol de deux chevaux fut commis dans le camp par un étranger résidant parmi les Têtes- Plates. Quelques individus du versant occidental des montagnes oublient quelquefois ce qu'ils devraient être; mais la haute désapprobation de la nation entière pour quelques méfaits isolés témoigne du bon esprit qui anime la grande masse d’entre eux. La position critique du voleur est en quelque sorte une expiation de sa faute. Il s'avança à une distance considéra: le du camp des Tètes-Plates pour nous rejoindre à peu près vers le même temps où nous devions rencontrer les Indiens-Noirs ; il comprit alors que sa vie était menacée par un parti de guerre rôdant à l’arrièregarde. Le pauvre diable se sentait peu disposé à trouver la mort sur son chemin, et sa maigre monture n'était guère capable de le soustraire à cette rencontre; il échangea donc proprio motu son cheval contre deux autres qui étaient en état de le sous-

traire au danger par la rapidité de leur course. Ces chevaux furent rendus à leur possesseur. Ce n’est pas le premier exemple de restitution donné par les Indiens.

24 septembre. Les missionnaires, accompagnés d’un grand nombre d’Indiens, précèdent le camp qui se dirige vers le fort Lewis, qui n’en est éloigné maintenant que de quelques milles. Je suis accosté par un petit chef Pegan qui m’invite à fumer. Il me dit qu’une difficulté malheureuse et personnelle entre lui et un chef de la tribu des Indiens-Sanguinaires, l'avait déterminé à venir se fixer au fort Lewis. « Je vais, dit-il, rencontrer mon mortel ennemi, un capitaine Blood- Indien, renommé pour son courage, mais bien plus encore pour son mauvais cœur. Il assassina traitreusement un Nez-Percé qui était sous ma protection. Je serais déshonoré à jamais, si je ne vengeais cette action honteuse, etsije ne lavais cette tache de ma nation dans son sang. J’ai tiré sur le meurtrier dans sa propre loge, il n’est pas mort ; sa blessure est guérie. Il attend mon arrivée avec l'intention de me tuer. Je ne le crains pas, car moi aussi je suis chef. J’ai entendu vos paroles et d’autres sentiments ont pris place dans mon cœur. Robe-Noire, écoute ce que je veux faire. Je lui offrirai le meilleur de mes chevaux pour compenser sa blessure; s’il accepte, c’est bien ; s’1l refuse, il faut que je le tue. »

Je m'offris comme médiateur entre eux avant qu'ateune décision ne fût prise, et lui promis une issue favorable, suivant la conviction de mon propre cœur

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qui ne put jamais voir verser une goutte de sang humain. Je sentis l'assurance que Dieu m'en épargnerait la pénible vue en cette occasion. Nous continuâmes notre route. Le petit chef Pégan et ses amis préparent leurs flèches et chargent leurs fusils. Lorsque nous arrivàämes en vue du fort, deux Pieds-Noirs coururent vers nous, pour dire au petit chef que s’il allait plus loin, lui ou ses gens. leurs vies seraient en danger, et ils retournèrent comme ils étaient venus, courant annoncer l’arrivée des Robes-Noires. La cloche du fort envoyait au loin un solennel carillon, pour honorer, comme nous le vimes ensuite, l’arrivée

‘des Robes Noires; c’est une marque de respect

donnée généralement au prêtre par ses locataires qui sont particulièrement des chefs Français, Canadiens et Espagnols.

Sans faire attention à l’avis que nous reçûmes, nous fimes route vers le fort au grand galop. On nous ouvrit aussitôt les portes, et nous fûmes reçus sincèrement,comme les bienvenus, par tous les hommes blancs du fort.

Les bourgeois qui étaient absents rentrèrent aussitôt pour ajouter par leur bonté et par leur politesse à la chaude réception que nous avions déjà reçue de leurs subordonnés. Les premiers compliments passés, deux chevaux furent sellés pour le P. Point et pour moi, et nous nous dirigeâmes vers une île formée par les eaux du Missouri, où le meurtrier et sa bande étaient campés. La grande propreté de la loge de ce dernier, à qui j'avais déjà envoyé parler, me montra

qu’il était prêt à nous recevoir. Nous entrâmes les premiers, suivis de nos amis Pégans, puis, vinrent les Blood-Indiens et enfin le chef meurtrier, dont la conte. nance était loin d’être calme. Une sauvage vengeance fermentait visiblement dans son cœur; il ne serra la main qu'aux Robes-Noires, et il s’assit silencieux et farouche. Je lui expliquai le motif de ma visite, et plaidai fortement la cause de la réconciliation en déclarant en même temps que je ne quitterais pas sa loge javant de les voir réconciliés. IL m’écouta avec beaucoup d'attention, me fit une réponse très convenable, et il s’écria en finissant : « Tout est pardonné et oublié; comment mon cœur resterait-il irrité en écoutant tes paroles. » La confiance fut aussitôt rétablie dans l’assemblée, et sa courte mais éloquente réponse, montra qu'on a toujours de l’éloquence quand c’est le cœur qui parle. Le petit chef, qui avait le premier parlé de réconciliation, finit ses remarques par une action vraiment touchante. Il s’avança vers l’homme qui avait été son ennemi mortel, l’'embrassa tendrement, et lui offrit entre autres présents, une belle robe peinte et ornée de plumes de porc-épics. Le calumet de la paix fut gaiement allumé. et fit plusieurs fois le tour. La conversation devint animée et amicale, et chacun quitta la maison du conseil, ayant dans le cœur une joie qu’on peut plus aisément sentir que décrire. Les chefs qui étaien! présents en ce moment étaient : Amakzekenne ot le Gros-Lac : Onistaistamik ou le Taureau-Blant; Masleistamik ou le Taureau-Couronné; Akaceketzo où

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Grande-Roulette ; Sata ou le Méchant; Akaniaki ou l'Homme qui fut battu.

27 septembre, Dimanche. J’offris le saint sacrifice de l'autel, qui fut suivi d’une instruction sur la fin de l’homme ; tous les locataires du fort Lewis y assistèrent avec un nombre aussi grand de Pieds-Noirs que la chambre et le passage pouvaient en contenir. De nombreuses larmes s’échappèrent des yeux des Canadiens, des Créoles et des Espagnols, au souvenir sans doute des jours innocents et heureux qu’ils passèrent dans leur jeunesse, à remplir régulièrement leurs devoirs religieux. Quelques pieuses résolutions furent humblement prises en ce jour, et leur scrupuleuse attention et leurs sentiments de dévotion pendant le service divin montrent que le germe de foi qui est en eux promet de grandir et de fructifier, bien qu'ils se soient bien éloignés de la stricte et droite ligne du chrétien. Dans l'après-midi j'administrai le baptême, avec toutes les cérémonies, à trente enfants. Par tout ce que j'ai vu, je suis fermement convairtu que l'établissement d’une mission produirait un grand bien parmi les Pieds-Noirs.

Assurément, c’est une œuvre bien digne du zèle d'un apôtre d'empêcher ces sauvages de se livrer à leurs cruelles et sanglantes guerres, de les arracher à la pernicieuse idolâtrie dans laquelle ils sont plongés, car ils sont adorateurs du soleil et de la lune; et de leur enseigner les consolantes vérités du divin Rédempteur du genre humain, qu’ils sembent écouter avec une grande attention et une

véritable satisfaction de cœur. Qu’on me permette ici une petite réflexion: Ces sauvages et uniques tribus touchent à la dernière heure de leur existence; si on n’y prend garde, que deviendront-elles ?

Les champs de buffles se rétrécissent d'année en année, et chaque chasse successive met les Indiens dans un contact plus immédiat, plus resserré. Il est très probable que les plaines des Pieds-Noirs, depuis le Sascatchawin jusqu’au Yellow-Stone seront, d'ici à douze ans, les dernières retraites de ces animaut sauvages. Ceux-ci suffiront-ils à nourrir et à vêtir les cent mille habitants de ces déserts de l’ouest?

Les Crees, les Pieds-Noirs, les Assiniboins, le Crows, les Snakes, les Rickaries et les Sioux se rencontreront alors, et se livreront de sanglantes batailles dans ces plaines, et disparaîtront avec le dernier mor ceau de bufle,

Que ceux qui ont le pouvoir en main réfléchissent sur cette grave question; qu'ils fassent quelques efforts pour mettre ces sauvages à l’abri d’une destruttion prochaine; autrement, par une coupable néglgence, la dernière goutte de sang des aborigènes souillera d’une manière indélébile la réputation de l’aigle sous l’aile protectrice de laquelle ils son censés vivre. La justice plaide ici la cause des Ji: diens,

Après une mûre délibération sur les plans diver imaginés pour l'établissement qu’on avait en vue, i fut jugé plus convenable que le R. P. Point restil avec les Pieds-Noirs et continuât les instructions.

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tandis que j'irais à Saint-Louis et m'efforcerais de trouver les moyens nécessaires pour établir une misson permanente parmi eux. En conséquence, le 28, je pris un congé définitif de mes compagnons, des bons et aimables messieurs du fort, de tous les Pieds- Noirs alors présents, qui ne cessèrent, pendant mon sjour parmi eux, de me donner les marques les plus sensibles d’un affectueux attachement. Le fort honora notre départ par une décharge de fusils, et nous descendimes le Missouri au milieu d’un million d’adieux , à partir du point qui est à deux mille huit cent cinquante milles au dessus de so embouchure.

Nous quittâmes le fort vers midi, et nous campâmes à vingt-cinq milles au dessous, près de l’île des Oisaux. Le lendemain, pendant que nous passions les endroits raboteux sur le penchant desquels de nombreux troupeaux de bêtes à cornes paissaient, nous courûmes sur un vieux daim, qui vint se désaltérer au bord de l’eau; ce fut la première victime sacrifiée à nos besoins, pendant cette longue excursion. Après avoir traversé les rivières de Maria et de Saury, nous atteignimes la célèbre formation de banc de cailloux jaunes qui encadre les deux côtés du Missouri, et prend les formes les plus fantastiques. C’étaient des urnes de grandeurs et de formes variées, des tables de toutes dimensions, des tribunes entourées de champignons, de piliers, de forts, de châteaux et d’une multitude d’autresfigures qui, pendant cette journéeet le lendemain, fournirent à notre imagination étonnée

un vaste sujet de comparaisons et de théories. Now passâmes, vers le 8 octobre, le Grand-Clocher de la Corne-d’Elan,prèsde la fourche de Porc Epics.J’ignore à la mémoire de quel événement extraordinaire cette tourremarquable a été élevée. Ici ont été entassés plusieurs milliers d’élans à cornes, qui constituèrent primitivement, je n’en doute pas, le grand repaire denombreux groupes de ces animaux. Le 11, nous arrivâmes au fort l’Union, qui est à une distance de six cents milles du fort Lewis, faisant ainsi environ cinquante milles par jour. Ici on nous fitune très amicale réception, Nous profitâmes de l'offre aimable qui nous fut faite de rester un jour au fort; pendant ce temps, j'} baptisai cinq enfants. Nous quittâämesle fort le 15, avec deux compagnons. Nous vimes de grands troupeaux de buffles des deux côtés de la rivière, et nous rencontrâmes, à chaque pas, des ours, des daims et des élans, en sorte qu’on n’avait pas à craindre de souffrir du besoin en cette saison. Le 16, notre ardent désir d’avancer en dépit d’un très fort vent de bout, fut soudainement ralenti par un vent de côté qui remplit d’eau notre esquif et nous inonda; nous pensâmes alors qu'il valait mieux attendre un vent favorable, et profiter du temps pour sécher nos habits Nous partimes dans l’après-midi frais et dispos, et le lendemain, pour rattrapper le temps perdu, nous fimes soixante milles en courant. Le 17, nous rencontrâmes six loges d’Assiniboins; ils nous reçurent avec bonté dans Jeur petit camp, et nous donnèrent une fête et d’abondantes provisions. Le même jour, nous

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rencontrâmes huit Gros-Ventres, qui furent aussi excessivement bons pour nous, insistant pour nous faire accepter un lot de langues de buffles. Le 18, un vent favorable nous permit de déployer nos voiles; nous pûmes ainsi faire dix milles à l'heure, et le lendemain matin nous atteignimes le fort Berthold, où nous fûmes reçus avec bonté par M. Brugère. Les Gros-Ventres ont un village ici. Je n’y trouvai que peu de familles; un des chefs m'’invita à une fête. Le 20, nous fûmes salués par plusieurs troupes d’Indiens et accueillis avec bienveillance. Nous avançâmes ct nous campâmes pendant la nuit près de la rivière de Knife; mais notre feu de bivouac fit découvrir notre camp à un parti d’Indiens. Cette découverte nous eût été fatale, si par bonheur je n’avais été reconnu par eux; car ils vinrent armés, dans le but de faire du carnage; ils nous surprirent. Aussitôt que les deux chefs surent qui j'étais, ils m’embrassèrent avec affection; notre alarme fut de courte durée et nous passâmes une nuit agréable dans leur compagnie. Des pipes, une tasse de café bien sucré, des bosses et des langues de buffle les mirent de bonne humeur. Ils me promirent solennellement de ne plus molester un blanc à l'avenir ; c’étaient des Arikaras. Le lendemain nous déjeûnâmes au fort Madisson, avec l'excellent M. Des Autel; puis après, nous quittâmes le fort, et nous passâmes sous un scalp attaché à l’extrémité d’une longue perche qui s’avançait sur la rivière. C'était probablement une offrande au soleil, dans le but d'obtenir des scalps frais ou une chasse heureuse. Nous fûmes

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salués par un grand village d’Arikaras, campé et fortifié sur une langue de terre bien bcisée; ils nous traitèrent avec une grande bonté, nous pressant avec instance d’assister à plusieurs festins de buffle; mais comme le temps ne nous permettait pas d'accepter toutes ces invitations, leur libéralité manqua faire chavirer l’esquif par les nombreuses pièces de chasse qu'ils nous apportèrent. Quoiqu'il fût tard, nous continuâmes notre voyage, principalement pour éviterde passer la nuit dans des festins. Favorisés par un très beau temps les cinq jours suivants, nous atteignîmes, le 26, le campement de M. Goule, agent au service de la compagnie américaine des Fourrures. J’y baptisai plusieurs adolescents. Profitant d’un temps favorable, nous restâmes les quatre jours suivants sur la rivière, avançant la nuit comme le jour, en sorte que le 30, de grand matin, nous arrivâämes au fort Pierre. M. Priotte de Saint-Louis nous reçut avec la plus cordiale politesse; il me força de rester trois jours sous son toit hospitalier. Ce délai me mit à même de voir un grand nombre de Sioux et de baptiser cinquante-quatre enfants. Pendant ce temps. M. Priotte fit faire un esquif grand et convenable et le munit de toute espèce de provisions. Dans tous mes voyages, je n’ai jamais rencontré quelqu'un qui ait surpassé, ni égalé l’empressement qu’il mit à nous obliger; je ne puis assez lui exprimer ma re* connaissance. Que Dieu le bénisse et le récompense. Je ne puis me dispenser d’ajouter ici, comme un témoignage de ma vive gratitude, que dans tous les

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forts de la Compagnie américaine des Fourrures, la éharitable libéralité et la bonté de ses agents ont été sans bornes.

Nous reprîimes notre voyage le 3 novembre au soir; mais nous n'allâmes pas loin, car il fallut réparer l'esquif qui, étant tout neuf, faisait eau d’une manière considérable. Nous débarquâmes et nous nous rendimes dansunegrande ferme appartenant à la compagnie de l’île Fleury. Nous usâmes largement de la permission qui nous fut donnée, et nous fimes main basse sur la volaille. Le 5, nous déjeûnâmes au fort de Bouis, où je baptisai treize adolescents.

La journée était magnifique, nous traversimes tout le Grand-Détour. Nous arrivâmes au fort Look-Out. dont je trouvai M. Cambell gouverneur. J’y baptisai seize enfants déjà grands. Je fus reçu en ami par un grand nombre de Sioux. Nous campâmes neuf milles plus bas dans un poste de commerce, tenu par deux Canadiens, où je baptisai quatre enfants. Le 10, nous traversâmes l’entrée de la belle, mais rapide rivière appelée Running-Water. A deux milles au dessus de son embouchure se trouvaient campées une centaine de familles de la trop malheureuse tribu de Mormons ; nous rencontrâmes plusieurs Sioux aux environs de la grande île où nous campâmes. Un vent favorable nous permit d'atteindre le fort Vermilion, situé à quatre cents milles au dessous du fort Pierre.

J'y baptisai sept adolescents. M. Hamilton nous fournit généreusement d’abondantes provisions. Le 14, ous vimes le long du rivage un Mormon qui fuyait à

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— 986 — notre approche, et deux Canadiens qui avaient tué une belle dinde qu’ils me donnèrent. Je leur offris en échange du café et du sucre, qui sont rares dans ce pays. Le 18, une jolie brise nous mit en vue du vieux Conncil-Blufis. La rivière a pris un tout autre aspect depuis la première visite que je fis dans ces lieux ; il s’est formé des lits tout nouveaux. Dans une distance de plusieurs centaines de milles, toutes les forêts situées le long du côté sud de la rivière sont remplies de bestiaux appartenant aux Mormons. Le 48, nous passâmes par l’ancien poste de commerce de Lisel-de-Cabanne ; à quelques milles au dessous se trouve la nouvelle colonie provisoire des Mormons, qui se compose de dix mille individus. Je fus présenté à M. Young, leur président, qui me fit un accueil aimable et prévenant. Il me conjura instamment de rester quelques jours ; mais les étroites limites de mon temps ne me permirent pas d'accepter son invitation. Les persécutions et les souffrances endurées par ce malheureux peuple formeront un jour une des parties les plus saillantes de l'histoire des tribus occidentales. Au coucher du soleil, nous campâmes au poste de commerce de M. Sarpy, parmi les Potawotomies du nord, où je rencontrai plusieurs de mes vieux amis indiens, entre autres Potogojees, un de leurs chefs, dont la légende indienne concernant leurs traditions religieuses formera le sujet de ma prochaine lettre.

Le 20, belle journée. Nous visitâmes nos vieux rmta An Pallams Ta han M Danin at d’'antres, Nons

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traversâmes les rivières Papillon, Mosquito et Plate, et campâmes près de Table-Creek.

Le 23, nous arrivâmes à Saint-Joseph, la ville la

| plus septentrionale du Missouri. Elle est maintenant

dans la condition la plus heureuse et la plus prospère. ll s’y est opéré bien des améliorations depuis la deruière fois que je la vis.

Le 28, nous fûmes à West-Port, d’où je partis par étapes, jusqu’à Saint-Louis, qui était le terme d’un voyage qui dura juste deux mois. Je me recommande à vos prières.

Je terminerai ma lettre en vous donnant la description géographique de la grande rivière que je viens de descendre, accompagné de deux hommes seulewent, pendant environ deux mille cinq cents milles.

Le Missouri prend sa source dans les Montagnes- Rocheuses, entre le 43° et le 49° degré de latitude vord. Les fontaines, qui donnent naissance à plusieurs de ses fourches, ne sont pas à un mille de distance d'un grand nombre de sources qui appartiennent aux eaux de la Colombie. Je me suis trouvé sur des bancs de neige qui entreticnnent d'innombrables torrents, tributaires des deux grands fleuves, l’un se jette, à l'ouest, dans la mer Pacifique; et l’autre, qui mérite le titre du plus grand fleuve de l'Amérique Septentrionale, par l’abondance de ses eaux et par sa longue course, mais qui a été exploré plus tard et qui est de-

venu par là le tributaire du Mississipi, a son embouchure vingt milles au dessus de Saint-Louis. Le Missouri prend son nom après la jonction de trois bran-

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ches : le Jefferson, le Gallatin et le Madisson. L'endroit appelé les Portes ou l’Entrée des Montagnes, se trouve à quatre cent quarante-un milles du plus haut point de la navigation des branches supérieures du Missouri, et présente une vue magnifique et pittoresque. Dans une distance de six milles, les rocher s'élèvent perpendiculairement du bord de la rivière. à la hauteur de douze cents pieds; cà et là, dans le crevasses, croissent des bouquets de verdure, des térébenthes, des cèdres et des sapins solitaires, arrosés par uneinfinité de fontaines qui sillonnent les flanc du rocher. Ici, la rivière se trouve resserrée dans w lit de cent cinquante verges de largeur ; on y observe un seul endroit de quelques pieds carrés, où un homme pourrait se tenir debout entre le rocher « l'eau. De l'entrée des Monts-Rocheux jusqu'au Grandes Chutes, il y a cent dix milles ; etjusqu’à sa jonction avec le Mississipi, il y a deux mille six cent quatrevingt-cinq milles. Les grandes chutes du Misso. ri ne sont pas aussi sublimes que celles du Niagara; mais, en grandeur, elles peuvent tenir la seconde place parmi toutes les chutes d’eau de ce vaste continent. Dans une distance de seize milles et demi, la rivière descend de trois cent cinquante-sept pieds, par une succession de rapides et de chutes, La plus grande chute a un jet perpeñdiculaire de quatre-vingt-sep! pieds, la seconde est de dix-neuf, la troisième de quarante-sept et la quatrième de vingt-six; une suite de rapides et de cascades de trois à dix-huit pieds rem plissent les distances d'une chute à l’autre. La partit

disson. L'en- Iontagnes, se du plus haut périeures du que et pittoles rocher de la rivière, t là, dans lex ‘dure, des téaires, arrosés ent les flancs yrée dans un on y observe arrés, OÙ ul le rocher « ux jusqu'au squ’à sa jonccent quatre- Misso. ri ne agara; mais, conde place e continent.

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