‹ Missions de l'Orégon et voyages dans les Montagnes Rocheuses en 1845 et 1846 [microforme]Chapitre 87 sur 108 · MIS SION · texte numérisé non relu

MIS SION

sur cette nation perfide et ignorante, qui est destinée à recevoir la lumière de l'Evangile, et si des Pères devaient être désignés pour cette mission, je serais heureux d’être du nembre, »

À quoi les Pieds-Noirs sont-ils redevables de cet état d'amélioration si consolant aux yeux des amis de la religion et de l'humanité? Après Dieu, on peut dire sans crainte de se tromper, que c'est à l’admirable conduite que les Têtes-Plates ont tenue, surtout depuis qu'ils ont des missionnaires parmi eux. Ils ont donné des preuves remarquables de vertu pendant la saison de la chasse.

Dès le départ de Sainte-Marie, nos pieux néophytes ont ajouté aux prières du matin et du soir une courte invocation : 1° au cœur Ge Jésus, protecteur de la confrérie des hommes; 2° à la sainte Vierge, patrosne de la congrégation des femmes; 3° à S. Michel, modèle des braves; 4° à S. Raphael, guide des voyageurs; 5° à S. Hubert, patron &es chasseurs; 6° à $. Francois Xavier pour l1 conversion des idolâtres : et l’on verra que ce n'a pas été en vain,

La veille du jour anniversaire de la canonisation de l'ipôtre des Indes, le missionnaire donna le baptâûme à un Pied-Noir dont l'exemple excita dans le cœur de plusieurs autres le désir de solliciter la même grâce. Pour les sacrements de pénitence et d’eucharistie, on peut dire qu'ils ont été vraiment bien fréquentés; ii y a eu quatre cent trente confessions, y comvris celle des enfants; trois cent cinquante communions, dont cent trois le dernier dimanche. Il n’y

eut personne dans le camp, ayant fait sa première communion, qui ne l'ait renouvelée pendant la chasse. ce que la plupart ont fait deux ou trois fois et plusieurs plus souvent encore. Les pieuses coutumes, telles que l’Angélus, le chapelet, le chant des cantiques, se sont maintenues dans les loges. Les chefs se sont montrés très zélés pour toute espèce de bien ; une patience inaltérable à été la vertu de tous, ce qui n'est pas peu dire dans une chasse d'hiver... Enfin la résignation à la volonté divine n’a pas été moins remarquable. Ce n'est qu'après vingt-quatre jours de marche pénible et d'abstinence rigoureuse, pour un bon nombre, que la nouvelle se répandit enfin que des bandes de buffles avaient été vues dans les environs. Les Indiens se rendirent dans les lieux indiqués. mais ce fut pour éprouver un cruel désappointement. Les Tôtes-Plates se virent donc contraints ou de jtènor tout à fait, ou d'aller caercher fortune au cœur juème du pais des Pieds-Noirs. Comme leurs montures valaicnt mieux que celles des autres camps, ils prirent ce dernier parti Ponant quatre jours ils traversèrent @es montagnes et des vallées. Le temps était froid, la neige abondante ct on ne voyait poin! d'animaux. Enfin, le mercredi des Quatre-Temps, Îe nuissionnaire avertit que c'est le bon moment d'adressex ces prières au ciel pour les biens de la terre; mais aucsi l'on veut que Dieu les exauce, il faut prometire à sa bonté qu'on ne fera usage de ses dons que pour si gloire, La parole du missionnaire fut entendue avec uuc vive émotion; chacun, s2lon l'expression indienne.

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arrangea son cœur, et se mit à prier. Le lendemain jeudi, le bruit se répand qu'on a vu dans les environs plusiev*s bandes de bœufs et de vaches. Le vendredi et le samedi, on en tue un si grand nombre que les loges en sont encombrées.

Déjà le camp se disposait à rentrer au village, lorsque le 12 mars, le grand chef, arrivé sur le sommet d’une montagne qui commande une grande plaine, s'arrête, regarde et découvre presqu’à l'extrémité de l'horizon quelque chose qui se remue. Tous ceux qui regardent avec lui s'imaginent d’abord que ce sont des buffles, mais bientôt les couleurs commencent à s'éclaircir, on se persuade que ce sont des biches; puis, en y regardant mieux, on voit clairement que: ce sont des hommes; enfin on n'en doute plus, c’est un parti de Pieds-Noirs armés en guerre. Que faire? Aussi tranquille que s’il ne s'agissait que d’une chose ordinaire, Victor, le grand chef, se détache de la tête du camp, monte à cheval et fait quelques invocations, les braves ne tardent pas à l’entourer. Isaac propose de faire la prière. Victor s'écrie : « Attendons que les Pieds-Noirs se montrent là-bas » , et en‘disant ces mots, il montre du doigt une seconde montagne qui nous couvre; jamais position u’avait oert p'us davantages. Les Pieds-Noirs étaient à gravir le versant opposé, qui les fatiguait déjà; entre la montagne et la chaîne, qui couronnait l'horizon, S'étendait une plaine immense où il n'y avait ni arbre, ni ravin, ni rivière qui pût leur offrir le moindre rempart. Ils n'étaient que trente-sept., tous à pied et peu exercés

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