Archives des Colonies. — Nouvelle Franco, année
Cependant, dos l'annôe suivante, un homme à qui on ne peut refuser d'émineiiles qualités comme administrateur, mais qui s'tMait laissé séduire par les avantages prétendus du commerce de l'eau-dc-vie, M. Talon lui-même renouvelait les plaintes contre le clergé du Canada. Dans un mémoire qu'il adressait à Colbert, il convenait d'abord que la vie des ecclésiastiques était fort réglée et pouvait servir de modèle aux séculiers, puis il ajoutait : « Mais comme ceux qui composent cette Colonie ne sont pas tous d'égale force ni de vertu pareille et n'ont pas les mêmes dispositions au bien, quelques-uns tombent aisément dans leur disgrâce pour ne pas se, conformer à leur manière de vivre, ne pas suivre leurs sentiments, ne pas s'abandonner à leur conduite qu'ils étendent Jusques sur le temporel, empiétant même sur la police extérieure qui regarde le seul magistrat ^ »
Jusqu'ici on ne voit pas en quelle matière l'évêque, ses prêtres et les Jésuites étendent leurs prétentions sur le temporel et empiètent sur les droits de l'autorité civile et du magistrat. M. Talon le donne à comprendre dans les paroles suivantes: il conseille au Minisire de faire revenir en France quelques-uns de ces ecclésiastiques (de ceux qui empiètent sur les droits du Magistrat) et d'en envoyer d'autres séculiers ou réguliers, les faisant autoriser pour l'administration des Sacrements, autrement ils deviendraient inutiles, parce r^ue s'ils ne se conformaient ci la pratique de ceux qui y sont aujourd'hui, Mgr l'évéquc leur défendrait d'administrer les Sacrements.
Dans un autre mémoire, M. Talon explique encore mieux sa pensée, il veut qu'on fasse passer au Canada quatre bons religieux qui ne contraignent et ne géhennent pas les consciences. Nous demandons de quel coté est ici l'empiétement. Est-ce du côté de l'évêque qui, pour obéir à sa conscience, ne veut pas tolérer dos désordres manifestes; et qui, usant de son pouvoir spirituel pour les arrêter, défend aux confesseurs d'absoudre les infracteurs de ses ordonnances, qui le sont en même temps de toutes les lois divines et humaines ? L'em-