Histoire du Canada, t. I, p
neur portait ses plaintes à la Cour contre les missionnaires, l'intendant, M. Duchesneau, tenait un langage tout ditrérent. 11 écrivait au ministre, le 19 novembre 1C79 : « Les Jésuites, outre la Mission des Iroquois retirés à la prairie de la Magdeleine, près de Montréal, qui est très-florissante, trèsnombreuse, et où, suivant les intentions de Sa Majesté et les oalres que vous m'avez envoyés, ils ont aussi établi une école pour instruire et franciser les enfants Sauvages, ont encore celle des Hurons de Lorette, proche de Québec, et une autre commencée à Sillery pour les Abénaquis , et toutes celles des nations monlagnaises, algonquines, huronnes, iroquoises, outaouaises, illinoises, parmi lesquelles ils demeurent ^ »
Quoi qu'il en soit, malgré les instances du gouverneur et les elforts des missionnaires, « toutes les tentatives échouèrent, conclut M. Garneau, et on abandonna un projet qui ne présentait que des dangers, parce que la barbarie est aussi tenace que la civilisation dans ses usages ^. »
Reprenons la suite des accusations de M. de Frontenac. « Pour vous parler franchement, écrivait-il au ministre, ces missionnaires songent autant à la conversion du castor qiCà celle des âmes, car la plupart de leurs Missions sont de pures moqueries, et je ne crois pas qu'on leur dût permettre de les étendre plus loin, jusqu'à ce que Von vit en quelque lieu une Église mieux formée *. »
Pour le reproche de commerce, il ne nous reste rien à dire; il faut seulement pardonner à M. de Frontenac un