‹ Missions du CanadaChapitre 61 sur 72 · Archives des Colonies, année 1G · texte numérisé non relu

Archives des Colonies, année 1G

2. M. Garneau ajoute que ce fut sur la représentation de M. de Trac)/, dont Colhert reconnut la sagesse. Il nous semble que l'iustorieu, ordinairement si exact, confond ici les temps et les personnes. Ce ne fut point sous M. de Tracy, en 1667, ni sous le grand Colbert, alors ministre «le la marine, mais sous Coibert de Seignelay, qui remplaça son père dans ses fondions de ministre, que l'on renonça au projet de franciser les Sauvage», et ce fut probablement sur les représentations de M. de Dénonville.

3. Les mots en caractères italiques sont écrits en chirPrcs dans la lettre originale qui se conserve aux arcliives des colonies.

mouvement d'humeur*. Il n'en est pas de même de l'insinuation perfide et cruellement injuste contre les Missions des Jésuites^ qui ne seraient que de pures moqueries. Il ne s'agit pas ici de savoir si le succès a toujours répondu aux efforts des missionnaires ; il suffit de constater que ces "hommes apostoliques n'épargnaient rien, et surtout ne s'épargnaient pas eux-mêmes, pour gagner les Sauvages à-Dieu et par suite à la Colonie. Personne ne peut le nier. Si maintenant on cherche le résultat de leurs travaux, certes il n'est pas à dédaigner ^. Plus tard, M. de Frontenac pourra s'en convaincre. Lorsqu'en 1690, renvoyé au Canada pour en être de nouveau le gouverneur, M. de Frontenac se vit tout à la fois attaqué par les Anglais , les Iroquois et d'autres tribus sauvages, sans 'pouvoir obtenir aucun secours de la Mère-patrie; qui lui vint en aide dans ce danger imminent, qui faida puissamment non-seulement à faire tête à tous ces ennemis, mais même à reprendre l'offensive et à rétablir en ces contrées la réputation du drapeau français? Ce fut sans nul doute la constante coopération des Sauvages chrétiens, et surtout des Abénaquis, que les Jésuites venaient de convertir et d'attacher pour jamais à la cause de la France dans l'Amérique du Nord ^.

Le reste de l'accusation, malgré quelques correctifs, ne tendait à rien moins qu'à paralyser les efforts des missionnaires dans la conversion des Sauvages; car comment voulait-on qu'ils établissent des Églises mieux formées, si cela devait se faire au milieu des Français, quand les Français, par leurs mauvais exemples et la vente des liqueurs fortes, délrui-

1. M. de Frontenac n'avait-il pas à se reprocher lui-même un commerce illicite, plutôt que d'en accuser injustement de pieux missionnaires qui avaient quitté, la plupart, de grands biens pour venir se dévouer à une vie de privations et de sacrifices? (Voir aux Archives de la marine les dépêches du l'oi et les lettres des minis • très il M. de Frontenac à ce sujet.)

2. On peut consulter tlans le premier volume les Relations des années 1672, lt)13, qui est précisément l'époque où M. de Frontenac écrivait ces lignes inqualifiables.

Page 1