‹ Missions du CanadaChapitre 64 sur 72 · Dépêches de l'année 1074 [Archives des colonies · texte numérisé non relu

Dépêches de l'année 1074 [Archives des colonies

Plus tard, dans la dépèche du 29 avril 1680, le roi témoignait n'approuver pas l'abus que le gouverneur avait fait de son autorité, en exilant deux conseillers et le procureur général S et il ajoutait que « sans les sollicitations de ses amis % il l'aurait fait revenir pour avoir commis des fautes de celte qualité. »

Nous ferons remarquer ici deux choses : en premier lieu, que les protecteurs des Jésuites au Canada ont été les hommes les plus vertueux et les plus recommandables par leiu" religion et leur probité ; en deuxième lieu, que depuis M. de Frontenac, nous ne voyons aucun gouverneur se plaindre des Jésuites ; au contraire , s'ils en parlent, c'est pom- leur rendre les témoignages les plus honorables et les plus bienveillants. Nous n'en citerons que deux. Le premier est du marquis de Dénonville, qui, dans un mémoire adressé à M. de Seignelay, s'exprime ainsi : « Quand l'intérêt de l'Évangile ne nous engageroit pas à tenir des missionnaires dans tous les villages sauvages, iroquois et autres, l'intérêt du gouvernement civil pour le bien du commerce nous doit engager à faire en sorte d'y en avoir toujours avec ces peuples sauvages, qui ne se peuvent gouverner que parles missionnaires; seuls ils sont capables de les maintenir dans nos intérêts et les empêcher de se révolter tous les jours contre nous.

« Je suis convaincu par expérience que les Jésuites sont les plus capables de gouverner l'esprit de toutes les nations

sauvages »

Et plus loin : « J'ai déjà marqué qu'il est de conséquence qiie les Sauvages ne soient gouvernés que par les missionnaires, et que le gouverneur général et l'intendant soient toujours de concert avec eux pour le gouvernement général du pays, sans quoi on sera tous les jours exposé à mille

1. Ces deux conseillers et le procureur général avaient entre autres torts celui d'être airectionnés aux Jésuites. — M. de Frontenac s'était, en outre, arrogé le droit de présider le Conseil, contre les intentions expresses du roi.

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