CONSEIL D'ÉTAT, MINISTRES
avec les Romains , Mitliridate commua la peine en une amende , suivie de déportation.
Les conseillers d'État, comme l'indique leur nom d' « amis », jouissaient de la confiance du monarque et composaient sa société la plus ordinaire. Mithridate Évergète banquetait avec les siens lorsqu'ils l'assassinèrent ; sans doute les camarades d'enfance du roi, les syntrophoi, faisaient de droit partie de ce cercle privilégié. Un rang encore plus élevé dans la hiérarchie aulique était celui de « premier ami », réservé aux plus grands dignitaires de la monarchie. Les titres d'ami et de premier ami étaient aussi quelquefois accordés, d'une façon purement honorifique, à des étrangers qui, certainement, ne comptaient point parmi les véritables conseillers du prince : de ce nombre fut, par exemple, le sophiste Aristion (1).
Les (( amis » étaient à la fois un corps delibératif et une classe privilégiée ; l'administration proprement dite appartenait aux ministres, qui, d'ailleurs, étaient en général choisis parmi les premiers amis du roi. Leur nom technique était celui de « préposés » (tetagmenoi). Nous en connaissons deux : le ministre de la guerre (« préposé aux armées ») et le ministre de la justice (« préposé aux appels »). On peut y ajouter le secrétaire particulier du roi, également désigné sous le nom de préposé , et sans doute aussi un trésorier général ou ministre des finances (2).
(1) Les Guyyevst; d'Alexandre (Arrien, Anab. VII, 11) sont sans doute identiques aux ©tXot (Diodore XVII, 54 ; XVIII, 2) qui ne doivent pas être confondus avec les hétaires. Mais à la cour des Ptolémées les deux catégories sont distinguées (C. I. G. 4677-4698 ; Waddington-Le Bas, no 2781. Cf. Lebègue, ^ec/iercAes swr De/os , insc. XI, p. 107; Bull. corr. liell. III, 3G8 ; Letronne, Recherches sur l'Égyj)te, p. 315) et il en était de même chez les Parthes, où le roi avait deux conseils : les c\)^^i.vtl:, et les cro;poi xal aaYOi (Posidonius chez Strabon XI, 9, 3), dont l'un ou l'autre se confond avec les TiptioTOi cpîXot mentionnés dans une inscription délienne, Bull. corr. hell. VII, 349. npÛTOi cpi).ot en Syrie : Bull, corr. hell. IV, 218. Les c( premiers amis » de Mithridate connus par les dédicaces de Délos sont Papias et X..., fils d'Antipater ; pour Gaios la qualification ne résulte que d'une conjecture. Pour Aristion, cf. Posidonius fr. 41; pour Moapherne, Strabon XI, 2, 18.
(2) Ministre de la guerre : Dorylaos, TcTayfjLevoç... ètci twv Suvafi-étov (insc. de Délos, n» 9 his). Cf. le ypa[x{jLaT£Ù; -cwv ôuvàfxewv, C. I. G. III, 4836. A notre époque ûuvà[jL£i; a invariablement le sens d'armées : cf. l'insc. d'Éphèse, à l'Appendice, 1. 5. Ministre de la justice : Papias, fils de Ménophile, d'Amisos, Tsxayfxévo; ... ètiI xôiv àvaitpicrc(ov (insc. déliennes, no 10). Le même emploi fut exercé plus tard par Métrodore de Scepsis, Ta^Gst; (= T£Tay[ji.évo;) èîit xrjç StxaioSocrcaç (Strabon XIII, 1, 55.). Ministre du secret : ... oç 'AvriTiarpou ... [TcTay[X£vo;].. £7ri toO àTcoppriTOu (insc. déliennes, n» 9). Cf. ô àTroppyjTcav ypa(X[jLàT£u; , Procope, Bell. Pers. I, 2, 7, p. 182 Dind. Lors de la catastrophe de Cabira, en 71, le secrétaire du roi, ô £7il TtLv àTiopprjTwv, s'appelait Callistrate (Plutarque, Lucullus, 17).