‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 206 sur 417 · LIBERTÉS MUNICIPALES · texte numérisé non relu

LIBERTÉS MUNICIPALES

satrapes; c'est aussi le nom que portèrent les lieutenants établis par le prince Ariarathe en Thrace et en Macédoine (1).

De pareils intermédiaires n'étaient pas nécessaires, ni même admissibles, dans la contrée où le roi avait fixé sa résidence, où son autorité immédiate pouvait se faire sentir : aussi le Pont ne forma-t-il pas de satrapie sous Mithridate, pas plus que la Perse sous Darius. Toutefois il dut y avoir, même dans ces pays où battait le cœur de la monarchie, une subdivision administrative, exigée par l'étendue du territoire et l'importance de la population. Le principe de cette subdivision ne fut pas le même que dans les provinces grecques de l'empire romain, par exemple, où le territoire était réparti entre un certain nombre de cités ou communes autonomes. Les centres urbains étaient encore peu nombreux dans le Pont; la plupart n'avaient aucune tradition de self govemment. Il en était autrement, il est vrai, dans les anciennes républiques grecques de la côte; mais les plus importantes parmi ces anciennes républiques, Sinope, Amisos, Cérasonte (Pharnacie), ('talent devenues des résidences royales et la présence continuelle de la cour y eut été difficilement compatible avec le genre d'autonomie politique que les anciens attachaient au nom de cité.

Le régime citadin ne pouvait donc convenir à la monarchie pontique; il n'en faudrait pas conclure que cette monarchie eût supprimé toute espèce de libertés locales. Sans parler des privilèges tout particuliers dont jouissaient dans leurs, circonscriptions les grands prêtres de Comana et de Zéla, les monnaies de bronze frappées à cette époque par toutes les anciennes républiques grecques et par nombre de bourgades cappadociennes, en voie de s'helléniser (2), prouvent que les Mithridate ne s'étaient pas, sur ce point, montrés moins libéraux que leurs voisins, les Ariarathe. Comme ceux-ci, on peut croire qu'ils avaient attribué à tous les centres urbains de quelque importance un certain minimum de franchises, peut-être garanties par des chartes formelles; mais ces franchises étaient strictement limitées à la sphère des intérêts communaux. Dans chaque cité importante, il devait y avoir, à côté

(1) Appien. Mith. 21 : (jarpâTia; Toïçëôveaiv ÈTtiaTviaaç. Eumaque, satrape de Galatie : ib. G4.

(2) Les villes du Pont qui ont frappé monnaie sous les Mithridate sont, par ordre alphabétique : Amastris, Amasie, Amisos, Cabira, Chabaca, Comana, Gaziura, Laodicée, Pharnacie, Pimolisa, Sinope, Talaura (sur les monnaies Taulara). Ces monnaies ont été étudiées par M. Imhoof Blumer dans ses Griechische Milnzen (actuellement sous presse), p. 550 suiv.

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