‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 210 sur 417 · FINANCES. REVENUS, IMPOTS · texte numérisé non relu

FINANCES. REVENUS, IMPOTS

Mitliridate, sans compter les objets d'art, le mobilier artistique, pris à Cos et ailleurs, qui s'acheminèrent alors vers ses gardemeubles et ses palais (1). Quant aux domaines de là couronne, les convoitises qu'ils excitèrent à Rome, au lendemain de la conquête, en attestent suffisamment l'étendue; il est probable qu'ils comprenaient, outre des terres d'agrément et de rapport, la plupart des mines, qui formèrent plus tard partie de la ferme des publicains (2). L'impôt, enfin, comprenait des droits de douane et des tributs (impôts directs) ordinaires ou extraordinaires. Nous n'avons aucun renseignement sur les premiers ; mais sans doute Mitliridate avait dû s'inspirer de l'exemple des anciens rois bosporans qui prélevaient un droit d'un trentième à la sortie du blé (3). Les tributs se payaient partie en argent, partie en nature : ainsi le royaume bosporan acquittait un tribut annuel de 180,000 médimnes (100,000 hectolitres) de blé et de 200 talents d'argent (1,200,000 francs) (4). En temps ordinaire, les charges de la population paraissent avoir été très supportables, mais aux jours de crise et d'invasion , la taille {eisphora) et les réquisitions devenaient écrasantes, les moindres fortunes étaient rançonnées, et les agents du fisc, dans l'excès de leur zèle, montraient une rigueur impitoyable (5).

Le budget des dépenses devait être fort élevé ; outre l'entretien de l'armée et de la flotte, il fallait subvenir au train d'une cour fastueuse, aux bâtiments, aux routes, aux collections artistiques, aux dépenses secrètes de la diplomatie, sans compter les libéralités envers les villes et les temples grecs. Malgré tout, il y avait un excédent de recettes considérable, et ces excédents accumulés, joints aux dépouilles des peuples vaincus, servirent à constituer de fortes réserves métalliques. En 66, après vingt ans d'une guerre incessante et coûteuse, ce trésor de guerre s'élevait encore

(1) Justin XXXVIII, 3 ; Appien, Mith. 23.

(2) Cicéron, De lege agraria , I, 3, 6 : jubent eos agros venire , quos rex Mithridates 'ni Paphlagonia, Ponto Cappadociaque possederit. De même, iè. II, 19, 51 : regios agros Mithridatis qui in Paplilagonia , qui in Ponto , qui in Cappadocia fuerunt. Ce sont sans doute les termes mêmes du projet de loi. Les publicains exploitent les mines de sandaraque : Strabon XII, 3, 40.

(3) Démosthène, Contre Leptine, 26.

(4) Strabon VII, 4, 6.

(5) Appien, Mith. 107 : sîa-cpopà; xz Ttà^tv è; tà êpa/ÛTaxa r^; TteptoucTi'aç ènsYpaÇov. 01 Sè OuYipsTat Toûxou tcoXXoùç svuêpiî^ov...

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