SYSTEME MONETAIRE
(lant le règne de Mithridate. La frappe des n^onnaies d'or et d'argent, au contraire, était un droit régalien; toutefois dans le royaume du Bosphore, où régnait l'étalon d'or, Panticapée, Chersonèse et Phanagorie conservèrent, ce semble, le droit d'émettre des pièces divisionnaires en argent.
Les prédécesseurs de Mithridate Eupator, à l'exception du fondateur de la dynastie, Mithridate Ctistès, n'avaient pas frappé de monnaie d'or dans le Pont : on s'était habitué, en effet, depuis l'époque perse à considérer cette monnaie comme le privilège exclusif des « grands rois ». Les Séleucides, qui se présentaient en Asie comme les successeurs des Achéménides et d'Alexandre, n'auraient sans doute pas permis aux petits rois, leurs clients, de s'arroger ce droit « impérial » . Après leur retraite derrière le Taurus, Nicomède Épiphane de Bithynie, vers le milieu du IP siècle, émit quelques statères, mais cet exemple, que les Romains durent regarder d'un mauvais œil, ne trouva pas d'imitateur. Mithridate, lorsqu'il eut secoué le joug de l'allégeance romaine, en 88 avant J.-C, affirma son indépendance et ses prétentions à l'empire de l'Asie par une émission assez abondante de statères d'or frappés les uns dans le Pont, les autres àPergame. Mais ces émissions cessèrent bientôt après le traité de Dardanos : les dernières pièces connues sont de l'an 84. Les statères d'or de Mithridate sont taillés comme ses monnaies d'argent, d'après l'étalon attique; le statère pèse deux drachmes et en vaut vingt; c'est le rapport universellement adopté en Asie depuis Alexandre le Grand. La pièce d'argent la plus courante dans le Pont, comme dans la Bithynie voisine, était le tétradrachme. La drachme, en usage dans la Cappadoce , ne fut frappée dans le Pont que tout à fait exceptionnellement : on en connaît déjà de rares exemplaires du règne de Pharnace V; Mithridate Eupator en émit aussi , mais en petit nombre. Le poids moyen des pièces conservées est de 16 grammes |; c'est exactement celui des tétradrachmes attiques contemporains.
L'abondance des émissions était en rapport avec l'état financier et la puissance générale du royaume; elles furent particulièrement fréquentes dans la période florissante qui s'étend de 95 à 72 avant J.-C. : on battait alors monnaie, non seulement presque tous les ans, mais souvent même tous les mois. Le contrôleur ou le fermier de la monnaie, qui inscrivait son mono-