‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 213 sur 417 · TYPES MONÉTAIRES · texte numérisé non relu

TYPES MONÉTAIRES

gramme sur les pièces, restait en fonctions pendant une durée variable : tantôt quelques mois seulement, tantôt plusieurs années. Outre les ateliers fixes , dont le principal paraît avoir été installé à Sinope, il y avait un outillage mobile, qu'emportaient les armées en campagne : en 88 Archélaos frappa monnaie en Grèce, en 87 Ariarathe en Macédoine, en 72 Mithridate à Parion.

Le type du droit représente le portrait du roi, traité d'une Manière réaliste pendant les premières années, comme sous les premiers rois de Pont, fortement rajeuni et idéalisé à dater delà conquête de Pergame. Quelque artiste hellénique, qui se souvenait des leçons de Técole de sculpture pergaménienne, créa pour Mithridate à cette époque un type un peu conventionnel et théâtral, mais néanmoins remarquable : la tête , rayonnante de beauté et d'intelligence , s'encadre dans de longs cheveux épars, balayés par le vent. C'est peut-être un souvenir d'une statue équestre ; c'est en tous les cas le dernier chef-d'œuvre de la numismatique grecque.

Sur les tétradrachmes de la première partie du règne, le type du revers est Pégase, c'est-à-dire le cheval né du sang de la Gorgone tuée par Persée, l'ancêtre légendaire des Perses. Ce type se rattachait directement à celui de Mithridate Évergète : Persée tenant la tête de la Gorgone. A cette figure principale s'ajoutait un symbole adjoint , composé de l'astre et du croissant ; c'est proprement l'écusson des Mithridate , qui figure sur toutes les monnaies de la dynastie à partir de Mithridate II (I). La légende, rédigée naturellement en grec, consistait dans ces simples mots : « du roi Mithridate Eupator ». A partir de l'année 96 on entoure le Pégase d'une couronne de lierre fleuri , emblème bacchique qui pouvait rappeler le second surnom du roi (Dionysos) mais qui, plus certainement, était emprunté à une classe de monnaies alors très répandues dans l'Asie antérieure, les cistophores, émises par l'union monétaire des principales cités de l'ancien royaume pergaméiiien. Après la conquête de l'Asie antérieure, le cerf, l'animal sacré d'Artémis, qui figurait déjà sur les drachmes et les statères d'or, remplaça le Pégase sur les tétradrachmes frap-

(1) Le culte du soleil et de la lune chez les Perses est attesté par Hérodote I, 131; VII, 37 ; Nicolas de Damas, fr. 06, c. 31, etc. A l'origine le symbole de l'astre et du croissant, qui vient d'Egypte, paraît avoir représenté la lune vue dans son plein et dans son dernier quartier. Ce symbole accompagne quelquefois des représentations de Mithra et d'Ormuzd ; Chabouillet, Pierres gravées du cabinet Je France, n° 1031 (agate), etc.

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