TRANSFUGES ITALIENS. PLACES FORTES
valeur militaire : ce sont les transfuges italiens et les émigrés romains. Déjà nombreux dans Farmée qui combattit à Chéronée, ces réfugiés s'accrurent après la paix de Dardanos de tous les démocrates fuyant devant les proscriptions de Sylla et finirent par former tout un corps d'armée; ce corps d'élite inspirait aux autres troupes tant d'admiration et de confiance qu'en 66, lorsque le bruit courut que Mithridate allait faire sa paix avec les Romains en livrant les transfuges, l'armée tout entière menaça de se débander (1).
L'armée mercenaire se recrutait, pour la plus grande partie, au dernier moment, à la veille de la déclaration de guerre ; probablement des traités conclus avec les nations amies précisaient d'avance les conditions de l'embauchage. Au contraire, le noyau de l'armée nationale était permanent. Pendant les années de paix, bien rares d'ailleurs, les troupes séjournaient dans des camps où elles s'exerçaient sous la surveillance personnelle du roi et de ses instructeurs de confiance, Grecs ou Romains (2); il fallait aussi des garnisons pour occuper les villes fortifiées de la côte et de l'intérieur, ainsi que les forts d'arrêt qui formaient comme une ceinture continue autour du royaume. Tels étaient Pimolisa, sur l'Halys inférieur, au seuil de la Paphlagonie indépendante ; Mithridation, sur la frontière desTrocmes; Camisa, près des sources du Halys et de la frontière cappadocienne ; le Château -Neuf {Cainon), imprenable nid d'aigle situé à 35 kilomètres de Cabira, sur la frontière de la Petite Arménie. Après l'acquisition de cette dernière province, elle fut, comme on sait, hérissée de gazophylacies ; quelques-unes, Hydara, Basgœdariza, Sinoria, Dastira, avaient une importance stratégique capitale. Enfin d'autres forts isolés étaient disséminés à l'intérieur du pays : on cite Kizari sur le lac Stiphané, Sagylion dans la Phazémonitide, Dadasa près de Zéla, etc. (3).
L'armée en campagne comprenait trois armes : l'infanterie, la cavalerie, et les chars à faux qui tenaient la place du canon dans les armées modernes. Les chiffres suivants, naturellement sujets à caution, donnent cependant une idée approximative des effectifs
(1) Appien, Mith. 98.
(2) Justin XXXVIII, 4.
(3) Pour toutes ces forteresses cp. Strabon XII, 3, 31; 37; 38-40. Pour Dadasa, Dion XXXVI, 14.