‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 219 sur 417 · ARMEMENT DE L'INFANTERIE · texte numérisé non relu

ARMEMENT DE L'INFANTERIE

macédonienne, dont elle portait le nom. On doit en conclure qu'elle était armée, comme celle-ci, du court glaive hellénique et de la longue pique ou sarisse de 16 pieds de long; les armes défensives étaient le casque, la cuirasse, les cnémides et le bouclier rond en métal. Le reste de Tinfanterie, soit indigène, soit étrangère, avait probablement gardé Farmement traditionnel de chacune des nations où se recrutaient les différents corps. C'est ainsi qu'il faut se figurer les Cappadociens et les Paphlagoniens dans l'armée de Mithridate équipés à peu près comme dans l'armée de Xerxès, avec un petit bouclier d'osier, une lance courte, un poignard et des javelines*, pour chaussure, une guêtre montant jusqu'à mi-jambe seulement; pour coiffure, un casque en cuir affectant la forme d'une tiare et surmonté d'un panache de crin (1). De même les Colques avaient sans doute conservé leurs casques d'osier, leurs petits boucliers en cuir de bœuf , leurs lances et leurs coutelas; les Thraces, leurs javelots, leurs peltes et leurs petits poignards, etc. (2). Même diversité dans les uniformes, ou dans ce qui en tenait lieu. Plutarque raconte, sans doute d'après Sylla, l'impression étrange et terrifiante que produisit sur les Romains le spectacle de cette armée toute chamarrée d'or et d'argent, dont les cottes d'armes scythiques et médiques, bariolées de couleurs éclatantes, chargées de bijoux barbares, étincelaient au soleil (3). Mais, en réalité, un peu moins d'orfèvrerie et un peu plus de ferrure aurait mieux fait l'affaire. En particulier, les armes défensives étaient d'une faiblesse dérisoire; en dehors de la phalange, il semble qu'il n'y eût qu'un corps d'élite armé de boucliers métalliques : on les appelait les Chalcaspides comme dans l'armée macédonienne. Après l'expérience de la première guerre contre Rome, une réforme s'imposait. Toute l'infanterie de ligne fut alors armée à la romaine; elle reçut l'épée espagnole, le boucher carré et solide du légionnaire. On employa à l'amélioration de l'armement l'argent inutilement gaspillé jusqu'alors en costumes dispendieux, qui n'étaient qu'une proie de plus offerte à l'ennemi (4). Il est

(1) Hérodote VII, 72. Pour le casque en cuir (Hérodote parle d'un c( casque tressé Xénophon, Anah. V, 4, 13. Cf. l'armement analogue des Driles, Auah. V, 2, 22.

(2) Hérodote VII, 79 et 75.

(3) Plutarque, Sylla, 16.

(4) Plutarque, Luc. 7.

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