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RETOUR OFFENSIF DES PERSES

delà des mers. Un instant, pourtant, Lacédémone fit mine de prendre pied en Paplilagonie ; mais Fégoïsme à courte vue reprit bientôt le dessus, et par le traité d'Antalcidas (387 av. J.-C.) les Spartiates abandonnèrent définitivement tous les Grecs d'Asie. Le milieu du iv"" siècle vit alors un retour offensif des Perses sur toute la ligne. Amisos, Sinope retombèrent au pouvoir de Datame ou de ses successeurs, et pendant quarante ans les monnaies locales, où les anciens types grecs s'accompagnent désormais de légendes araméennes, annoncent clairement au monde la banqueroute de Thellénisme en Asie (1).

En définitive , à la veille de la ruine des Perses, si les Paphlagoniens et les peuples du Paryadrès avaient conservé, ou peu s'en faut, leur vieille indépendance et leur vieille barbarie, la domination et le génie de l'Iran s'étaient fortement implantés dans le bassin de l'Iris, comme dans le reste de l'isthme cappadocien. Sur la côte, l'hellénisme vivait et prospérait matériellement; mais sa puissance de rayonnement était médiocre, et il avait perdu son autonomie politique. Le Perse récoltait ce que le Grec avait semé. Chose curieuse, l'hellénisme du Pont paraissait réconcilié avec cette situation inférieure : Sinope resta fidèle à la cause de Darius après le Granique, après Issus, jusqu'à la bataille d'Arbèles (2). Dans ces pays, la chute de la monarchie achéménide fit l'effet d'une catastrophe inattendue, et la conquête macédonienne n'excita qu'un enthousiasme modéré. De sentiment national proprement dit, il ne pouvait être question chez ces populations, ou trop barbares, ou déjà façonnées à la servitude; à sa place , on trouvait chez les unes un amour farouche de l'isolement et des vieilles coutumes, chez les autres une sorte de respect superstitieux envers le maître iranien, sans lequel la vie leur paraissait toute désorientée. Ce qu'il fallait désormais aux Cappadociens de l'Iris, comme à ceux du Halys, c'était, à défaut de la monarchie achéménide , une royauté spéciale , mais de sang perse. L'arbre était mort, mais il avait poussé de profondes racines; nous en verrons, avant peu, germer et fleurir des rejetons vivaces.

(1) Arrien, Aiiab. III, 24, 4; Appien, Mith. 8. Pour Datame, suprà, p. 23, note 1. Drachmes à légende araméenne de Sinope : Six , Numismatic Chronicle, 1885, p. 2G suiv. Didrachme d' Amisos : Taylor Combe, Mus. brit., pl. XIII, 14.

(2) Arrien III, 24, 4.

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