‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 241 sur 417 · EUNUQUES, COURTISANS, ÉMIGRÉS · texte numérisé non relu

EUNUQUES, COURTISANS, ÉMIGRÉS

talité des cours orientales que les ministres des plaisirs du roi , les gardiens de ce qu'il appelle son honneur, deviennent peu à peu ses confidents et ses conseillers, parfois même ses tyrans. Avides de pouvoir, à défaut de puissance, on rencontre parmi eux de fins politiques et même des généraux habiles; mais ils apportent toujours dans l'exercice de leurs fonctions une insolence servile et une cruauté vindicative. Avec les années, les eunuques gagnèrent de plus en plus d'empire sur Mithridate vieillissant : les fureurs d'un Gauros assombrirent et déshonorèrent la fin de son règne.

La sécurité personnelle du roi était assurée par les gardes du corps, ou hypaspistes (1), troupe de mercenaires où l'on rencontrait, par exemple, le Gaulois Bituit. Sa société habituelle se composait de ces courtisans privilégiés appelés les « amis » et « premiers amis » , dont les uns remplissaient les plus hautes fonctions de l'État, tandis que d'autres, comme Léonicos et Gaios, paraissent s'être contentés du rôle de familiers et de confidents. Pendant plusieurs années, le favori en titre, sous le nom de « préposé au poignard » , fut Dorylaos, l'un des camarades d'enfance du roi. Les émigrés Hellènes formaient à la cour un groupe nombreux, où l'on rencontrait des artistes, des poètes, des historiographes , et surtout des philosophes , c'est-à-dire des gens qui étaient ou se croyaient aptes à tous les métiers. Une autre coterie , presque aussi importante à la longue, était celle des réfugiés italiens et romains, lieutenants de Fimbria, partisans de Marins, soldats ou démagogues, qui avaient préféré l'hospitalité intéressée de Mithridate à la clémence douteuse de Sylla. Dans le nombre, il y avait des personnages considérables : tels le sénateur Attidius et deux officiers d'un rare mérite , Magius et Fannius. N'oublions pas enfin le coin des rois en exil, en otage ou en disponibilité, où l'on a vu successivement ou ensemble, échangeant leurs regrets et leurs espérances , l'ex-roi de la Petite Arménie Antipater, l'ex-roi du Bosphore cimmérien Saumac, Socrate de Bithynie, Gordios de Cappadoce, et le jeune et malheureux Ptolémée Alexandre II d'Égypte.

Il ne faut pas se représenter cette cour nombreuse comme figée dans les cadres d'une étiquette servile. On menait large et joyeuse

(1) Les gardes du corps sont appelés {nraorTruTTat par Appien, Mith. 101; ailleurs (TtofxaToçvXaxe;, Mith. 111.

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