TITE-LIVE
game (1), et la Chronique perdue de Denys d'Halicarnasse (Muller, IV, 396) (2). Un autre chronographe grec qui avait dû résumer l'histoire du Mithridate est le fameux Castor de Phanagorie, dont l'ouvrage s'arrêtait à l'an 61 av. J.-G. (fr. 12 et 19 chez Muller, à la suite de l'Hérodote Didot).
c) Auteurs du siècle d'Auguste, Romains.
17. Fenestclla et Granius Licinianus peuvent être considérés comme les derniers annalistes. Les Annales de Fénestella (environ 52 av. — 19 ap. J.-G.) (3) descendaient au moins jusqu'à l'an 52 av. J.-G. (fr. 23 Peter) et probablement beaucoup plus bas. Il en avait aussi rédigé un abrégé , au moins en 2 livres (fr. 30). C'était un historien érudit et exact : on doit regretter qu'aucun fragment relatif aux guerres de Mithridate n'ait survécu. — Licinianus est beaucoup plus obscur; il parait avoir écrit dans les premières années du siècle d'Auguste, entre Salluste qu'ii critique (p. 43 Bonn.) et Tite-Live, dont l'ouvrage eût rendu le sien impossible (4). On a retrouvé et déchiffré de nos jours quelques feuillets des Annales de Licinianus sur un palimpseste de Londres : ils appartiennent aux livres 26, 28 et 35. Les fragments du livre 35 se rapportent à la première guerre mithridatique : bataille d'Orchomène, traité de Dardanos, digression sur l'histoire de Nicomède Philopator et de son frère Socrate; ce dernier paragraphe est particulièrement intéressant. Licinianus a dû puiser exclusivement dans les anciens annalistes; s'il avait lu les Mémoires de Sylla il ne ferait pas de Diogène le fils d'Archélaos (au lieu de son beau-fils) et surtout il ne placerait pas l'entrevue d'Archélaos et de Sylla à Aulis au lieu de Délion. La rédaction de ces fragments est d'ailleurs tellement sèche et hachée qu'on se croit en présence d'un extrait plutôt que du texte original.
18. Le grand ouvrage de Tite-Live (5) (59 av. — 17 ap. J. -G.) avait fait une large place à l'histoire des guerres mithridatiques. Les som-
(1) La note de Syncelle est reproduite par Muller, I, 449, parmi les fragments d'Apollodore, n» 100.
(2) Ne s'agirait-il pas plutôt de Denys de Pergame, ce l'Attique D, contemporain de Mithridate et disciple d' Apollodore , cité comme historien par Strabon XIII, 4, 3?
(3) La date de sa mort est indiquée très diversement par saint Jérôme (19 ap. J.-C.) et Pline XXXIII, 52 (37 ap. J.-C).
(4) Les arguments sur lesquels on s'est fondé pour faire descendre Licinianus jusqu'au temps des Antonins sont dénués de valeur. On a vu une allusion aux travaux d'Adrien dans la phrase (p. 8 Bonn.) relative à l'inachèvement du temple de Jupiter Olympien ; mais cette phrase peut être le fait d'nn interpolateur.
(5) Je cite les periochae d'après l'édition de Jahn, Leipzig 1853.