‹ Mithridate Eupator, roi de PontChapitre 98 sur 417 · DESTRUCTION DES ARMÉES ROMAINES · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DES ARMÉES ROMAINES

exercer ses troupes et d'en lever de nouvelles. Il ne tarda pas à reconnaître Tinutilité de ses efforts : les paysans et les ouvriers phrygiens avaient perdu depuis des siècles Fhabitude des armes , et Mithridate sut bientôt gagner leur cœur, ainsi que celui des autres Asiatiques : il lui suffit, pour cela, de renvoyer dans leurs foyers, sans rançon et avec une indemnité de voyage , tous les prisonniers asiatiques qu'il avait faits dans les premières rencontres (1). En présence de la désertion et de la désaffection, qui croissaient de jour en jour, Cassius finit par abandonner la partie : il licencia tous ses conscrits asiatiques et s'enferma dans Apamée du Méandre avec ses seuls légionnaires romains. Presque en même temps, Oppius, battu en Cappadoce, se jetait avec les débris de son corps d'armée dans la forteresse voisine de Laodicée du Lycos. Toute la Bitliynie, la Plirygie du nord, la Mysie, se donnèrent au vainqueur, qui parcourut rapidement ces provinces , organisant à mesure qu'il conquérait. L'escadre du Bosphore, en apprenant la défaite des armées de terre, capitula sans combat et livra tous ses vaisseaux.

C'était une débâcle universelle. A chaque nouveau succès de Mithridate, le mouvement qui entraînait les populations vers lui s'accentuait davantage. Bientôt Aquilius ne se crut plus en sûreté à Pergame et s'enfuit à Mitylène; Maltinus gagna Rhodes; Nicomède, après une halte à Pergame, s'embarqua pour l'Italie avec son confrère d'infortune, Ariobarzane. Cassius lui-même n'osa pas défendre Apamée, récemment éprouvée par un tremblement de terre : à l'approche des Pontiques, il renvoya ses troupes et se retira à Rhodes (2). Seul Oppius tint bon dans Laodicée, mais lorsque la ville eut été battue en brèche pendant quelques jours par Mithridate (3) , lorsqu'un héraut pontique vint promettre aux habitants l'impunité s'ils livraient le général romain, les bourgeois grecs n'y tinrent plus : ils firent échapper les mercenaires d'Oppius, s'emparèrent de sa personne et l'amenèrent au roi de Pont, précédé de ses licteurs, par manière de dérision. Mithridate traita Oppius avec une générosité politique ; il ne le mit pas aux fers et se contenta de le traîner à sa suite , prisonnier sur parole ,

(1) Appien est ici confirmé par Diodoi-e, fr. XXXVII, 26.

(2) C'est à tort que dans un autre passage (3fith. 117) Appien fait tomber Cassius aux mains de Mithridate.

(n) Strabon XII, 8, IG.

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