‹ Mithridate, tragedie de RacineChapitre 14 sur 107 · XIPHARÊS, MITHRIDATE, MONIME, CARDES · texte numérisé non relu

XIPHARÊS, MITHRIDATE, MONIME, CARDES

Mithridate, à Xipharït.

V enïz , mon fils , venez ; votre pcre est trahi.

Un fils audacieux insulte à ma ruine ,

Traverse mes desseins , m’outrage, m’assassine.

Aime la Reine , enfin , lui plaît et me ravit Un ccrur que son devoir à moi seule asservit. Heureux , pourtant , heureux que dans cette disgrâce Je ne puisse accuser que la main de l’harnace 1 Qu’une mere infidelle , un frere audacieux Vous présentent en vain leur exemple odieux î Oui , mon fils, c’est vous seul sur qui je me repose , Vous seul qu’aux grands desseins que mon coeur se propose

J’ai choisi, dès long-tems, pour digne compagnon , L’héritier de mon sceptre , et sur-tout de mon nom, Pharnacc en ce moment et ma flamme offensée Ne peuvent pas tout seuls occuper ma pensée.

D’un voyage important les soins et les apprêts ,

Mes vaisseaux qu’à partir il faut tenir tout prêts ,

Mes soldats, dont je veux tenter la complaisance , Dans ce meme moment demandent ma présence.

Vous , cependant , ici veillez pour mon repos :

D’un rival insolent arrêtez les complots.

Ne quittez point la Reine i et, s’il sc peut, vous-même,

Rendez- la moins contraire aux voeux d’un Roi qui l’aime.

Détournez la , mon fils , d’un choix injurieux.

Juge sans intérêt, vous la convaincrez mieux En un mot , c'est assez éprouver ma foiblesse. Qu’elle ne pousse point cette même tendresse ,

Que sais-je ? k des fureurs , dont mon cœur outragé Ne se repentiroit qu’après s’être vengé.

( 11 sort t avec les Gardes. )

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