SCENE Y
MITHRIDATE, seul ,
Eus me quitte..,, et moi , dans un lâche silènes,
Je semble de sa fuite approuver l’insolence 1 Peus’cn faut que mon cœur, penchant de son côté,. Ne me condamne encor de trop de cruauté....
Qui suis je? Est-ce Monime, et suis-je Mithridate ? Non , non , plus de pardou , plus d’amour pour l'ingrate!
Nia colere revient, et je me rcccnnois.
Immolons, en partant, trois ingrats ilAfois*
êZ MITHRIDATE, •
Je vais i Rome; et c’est par de tels sacrifice*
Qu’il faut à ma fureur rendre les Dieux propices.
Je le dois , je le puis; ils n’ont plus de support, tes plus séditieux sont déjà loin du bord.
Sans distinguer entr’eux qui je hais, ou qui j’aime. Allons , et commençons par Xipharès , lui-même.... Mais, quelle est ma fureur? et qu’cst-ce que je dis?... Tu vas sacrifier, qui? malheureux!... ton fils?
Un fils que Rome craint, qui peut venger son pere? Pourquoi répandre un sang qui m’est si nécessaire?
Ah ! dans l’état funeste où ma chûte m’a mis ,
Ist-ce que mon malheur m’a laissé trop d’amis? Songeons plutôt , songeons à gagner sa tendresse.
J’ai besoin d’un vengeur, et non d’une maîtresse. Quoi! ne vaut-il pas mieux, puisqu’il faut m’en priver, ta céder à ce fils que je veux conserver?
Cédons-la.... Vains efforts , qui ne font que m’instruire Des foiblessesd’un coeur qui cherche à se séduire!
Je brûle, je l’adore; et, loin de la bannir....
Ah ! c'est un crime encor dont je la veux punir!
Mon amour trop long-tcms tient ma gloire captive; Qu’elle périsse seule , et que mon fils me suive.
Un peu de fermeté , punissant ses refus.
Me va mettre en état de ne la craindre plus....
Quelle pitié retient mes sentimens timides?
N’en ai-je pas déjà puni de moins perfides ?...
O Monime! ô mon fils!.,. Inutile courroux!...
Et vous , heureux Romains , quel triomphe pour vous , Si vous saviex ma honte , et qu’un avis fidele De mes lâches combats vous portât la nouvelle!.,.
Quoi ! des plùs chères mains craignant les trahisons» J'ai pris soin de m’armer contre tous les poisons?
J’ai su » par une longue et pénible industrie,
Des plus mortels venins prévenir la furie....
Ah! qu’il eût mieux valu, plus sage et plus heureux , Et repousant les traits d’un amour dangereux ,
Ke pas laisser remplir d’ardeurs empoisonnées Un coeur déia glacé par le froid des années!...
De ce trouble fatal par où dois-je sortir?