‹ Mithridate, tragedie de RacineChapitre 54 sur 107 · CLYTEMNESTRE · texte numérisé non relu

CLYTEMNESTRE

Dieux ! que vient-il m’apprendre ?

Al cas, à Achille.

Je ne vois plus que vous qui puissiez la défendre. Achille.

Contre qui ?

Arcas.

Je le nomme et l’accuse à regret.

Autant que je l’ai pu , j’ai gardé son secret i

TRAGÉDIE. 4 f

Mais le fer , le bandeau , la flamme est toute prête. Duc tout cet appareil retomber sur ma tête ,

11 faut parler.

Clytemnestre.

Je tremble.... Expliquez-vous, Areas?

Achille, à Areas.

Qui que ce soit, parlez et ne le craignez pas.

A R C A S y à Achille et à Clytemnestre.

Vous êtes son amant..,, et vous êtes sa mere.... Gardez-vous d’envoyer la Princesse à son pere.

Clytemnestre.

Pourquoi le craindrons-nous ?

Achille.

Pourquoi m’en défier

11 l’attend à l’Autel pour la sacrifier!

Achille.

Lui ! ,

Clytemnestre, à part.

Sa fille !

Iphigénie, ù part .

Mon perc !

Ériphile, à part .

O Ciel ! quelle nouvelle!

Achille.

Quelle aveugle fureur pourroit l’armer contr’ellc ? Ce discours sans horreur se peut-il écouter i

Ah ! Seigneur , plût au Ciel que je pusse en douter ! Par la voix de Calchas l’Oracle la demande : '

At

De toute antre victime il refuse l’offrande;

Et les Dieux , jusqucs-là protecteuis de Paris ,

Ne nous promettent Troie et les vents qu’à ce prix. Clytemnestrb.

Les Dieux ordonneroicnt un meurtre abominable ! Iphigénie, à part.

Ciel 1 pour tant de rigueur , de quoi suis-je coupable CLYTEMNESTRB, A part .

Je ne m’étonne plus de cet ordre cruel Qui m’avoit interdit l'approche de l’Autel i Iphigénie, à Achille.

Et voilà donc l’hymen où j’etois destinée!

I.e Roi, pour vous tromper, feignoit cet hyménéc. Tout le camp môme encore est trompé comme vous. Clytemnestrb, «J Achille , en tombant à ses pieds. Seigneur, c’est donc à moi d’embrasser vos genoux! Achille, la relevant.

Ah I Madame !

Clytemnestrb.

Oubliez, une gloire importune.

Ce triste abaissement convient à ma fortune.

Heureuse si mes pleurs peuvent vous attendrir î Une mere à vos pieds peut tomber sans rougir.

C’est votre épouse , hélas ! qui vous est enlevée !

Dans cet heureux espoir je Pavois élevée.

C’est vous que nous cherchions sur ce funeste bord ;

Et votre nom , Seigneur, la conduit à la mort. Ira-t-elle, des Dieux implorant la justice,

Embrasser leurs Autels parés pour son supplice i

Elle n’a que vous seul. Vous êtes en ces lieux Son pere , son époux, son asylc, ses Dieux....

3e lis dans vos regards la douleur qui vous presse....

( A Iphige'nie. )

Auprès de votre époux , ma fille , je vous laisse....

( A Achille. )

Seigneur , daignez, m’attendre , et ne la point quitter. A mon perfide époux je cours me présenter.

11 ne soutiendaa point la fureur qui m’anime :

Il faudra que Calchas cherche une autre victime !.... ( A Iphige’nie. )

Ou , si je ne vous puis dérober à leurs coups ,

Ma fille , ils pourront bien m’immoler avant vous î [Elle sort. Eriphile , Ægine , Doris et Areas sortent

aussi. )

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