A C H ILLE
Eh ! que prétend de moi votre injuste prière ?
Vous faudra-t-il toujours combattre la première ?
Clytemnestre, à Iphigénie.
Quel est votre dessein, ma fille?
Iphigénie.
au nom des Dieux,
Madame , retenez un amant furieux !
De ce triste entretien détournons les approches....
( A Achille. )
Seigneur, trop d’amertume aigriroit vos reproches.
Je sais jusqu’où s’emporte un amant irrité î Et mon perc est jaloux de son autorité.
On ne connoît que trop la fierté des Atrides!
Laissez parler , Seigneur , des bouches plus timides. Surpris, n’en doutez point de mon retardement, Lui-même il me viendra chercher dans un moment.
Il entendra gémir une mere oppressée;
Eh! que ne pourra point m’inspirer la pensée De prévenir les pleurs que vous verseriez tous,. D’arrêter vos transports , et de vivre pour vous !
. Achille.
Enfin , vous le voulez : il faut donc vous complaire. Donnez-lui, l’une et l’autre, un conseil salutaire; Happclez sa raison : pcrsuadez-lc bien ,
Pour vous, pour mon repos, et, sur- tout, pour le sien.
e perds trop de momens en des discours frivoles: 11 faut des actions , et non pas des paroles....
( A Clytemnestre. )
Madame , à vous servir je vais tout disposer.
Dans votre appartement allez vous reposer.
Votre fille vivra > je puis vous le prédire.
Croyez du moins , croyez que , tant que je respire. Les Dieux auront en vain ordonné son trépas.
Cet oracle est plus sûr que celui de Calchas.
Fin du troisième Acte *
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