PHARNACE, X I P H A R È S
PhumiCI, à part.
IVfiTHRiDATE revient! Ah! fortune cruelle !
Ma vie et mon amour tous deux courent hasard.
Les Romains, que j’attends , arriveront trop tard i ( A Xipharès. )
Comment faire?... J’entends que votre ccrur soupire. Et j’ai conçu l’adieu qu'elle vient de vous dite. Prince; mais ce discours demande un autre tems.
Nous avons aujourd’hui des soins plus importans. Mirhridate revient , peut-être , inexorable.
Plus il est malheureux , plus il est redoutable.
Le péril est pressant plus que vous ne pensez.
Nou$ sommes criminels , et vous le connoissez. Rarement l’amitié désarme sa colère.
Scs propres fils n’ont point de juge plus sévereï Et nous l’avons vu meme , à ses cruels soupçons. Sacrifier deux fils pour de moindres raisons.
Craignons pour vous, pour moi, pour la Reine elle v même;
Je la plains, d’autant plus que Mithridate l’aime. Amant avec transport, mais jaloux sans retour.
Sa haine va toujours plus loin que son amour.
Ne vous assurez point sur l’amour qu’il vous port*.
Sa jalouse fureur n’en sera que plus forte.
$ongtt-y. Vous avez la faveur des soldats f Et j’aurai des secours , que je n’explique pas.
M’en crohez-vous? courons assurer notre grâce. Rendons-nous , vous et moi , maîtres de cette Place; Et faisons qu’à ses fils il ne puisse dicter Que les conditions qu’ils voudront accepter.
XlPHARts.
Je sais quel est mon crime , et je connois mon pere. Et j’ai , par-dessus vous , le crime de ma mere ; Mais, quelque amour encor qui me pût éblouir. Quand, mon pere paroît , je ne sais qu’obéir.
Pharnace.
Soyons-nous donc, au moins , fideles l’un à l’autre. Vous savez mon secret , j’ai pénétré le vôtre.
Le Roi , toujours fertile en dangereux détours. S’armera contre nous de nos moindres discours. Vous savez sa coutume , et sous quelles tendresses Sa haine sait cacher ses trompeuses adresses. Allons. Puisqu’il le faut, je marche sur vos pas; Mais, en obéissant, ne nous trahissons pas.
Fin du. premier Acte •