‹ Mithridate, tragedie de RacineChapitre 7 sur 107 · PHARNACE, X I P H A R È S · texte numérisé non relu

PHARNACE, X I P H A R È S

PhumiCI, à part.

IVfiTHRiDATE revient! Ah! fortune cruelle !

Ma vie et mon amour tous deux courent hasard.

Les Romains, que j’attends , arriveront trop tard i ( A Xipharès. )

Comment faire?... J’entends que votre ccrur soupire. Et j’ai conçu l’adieu qu'elle vient de vous dite. Prince; mais ce discours demande un autre tems.

Nous avons aujourd’hui des soins plus importans. Mirhridate revient , peut-être , inexorable.

Plus il est malheureux , plus il est redoutable.

Le péril est pressant plus que vous ne pensez.

Nou$ sommes criminels , et vous le connoissez. Rarement l’amitié désarme sa colère.

Scs propres fils n’ont point de juge plus sévereï Et nous l’avons vu meme , à ses cruels soupçons. Sacrifier deux fils pour de moindres raisons.

Craignons pour vous, pour moi, pour la Reine elle v même;

Je la plains, d’autant plus que Mithridate l’aime. Amant avec transport, mais jaloux sans retour.

Sa haine va toujours plus loin que son amour.

Ne vous assurez point sur l’amour qu’il vous port*.

Sa jalouse fureur n’en sera que plus forte.

$ongtt-y. Vous avez la faveur des soldats f Et j’aurai des secours , que je n’explique pas.

M’en crohez-vous? courons assurer notre grâce. Rendons-nous , vous et moi , maîtres de cette Place; Et faisons qu’à ses fils il ne puisse dicter Que les conditions qu’ils voudront accepter.

XlPHARts.

Je sais quel est mon crime , et je connois mon pere. Et j’ai , par-dessus vous , le crime de ma mere ; Mais, quelque amour encor qui me pût éblouir. Quand, mon pere paroît , je ne sais qu’obéir.

Pharnace.

Soyons-nous donc, au moins , fideles l’un à l’autre. Vous savez mon secret , j’ai pénétré le vôtre.

Le Roi , toujours fertile en dangereux détours. S’armera contre nous de nos moindres discours. Vous savez sa coutume , et sous quelles tendresses Sa haine sait cacher ses trompeuses adresses. Allons. Puisqu’il le faut, je marche sur vos pas; Mais, en obéissant, ne nous trahissons pas.

Fin du. premier Acte •

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