SCENE PREMIERE
MONIME, PHŒDIME.
Pksdimi.
C^tjoï ! vous êtes ici quand Mithridatc arrive? Quand, pour le recevoir , chacun court sur la rive? Que faites-vous, Madame; et quel ressouvenir Tout-à-coup vous arrête , et vous fait revenir? N’offenserez-vous point un Roi qui vous adore» Qui, presque votre époux,...
Mon IMS, l'interrompant,
Il ne l’est pas encore,
Phcedime ; et , jusqucs-là , je crois que mon devoir Est de l’attendre ici , sans l’aller recevoir.
PfiXDIME,
Mais ce n’est point, Madame, un amant ordinaire. Songez- qu’à ce grand Roi promise par un pere ,
Vous avez de scs feux un gage solcmnet
Qu’il peut, quand il voudra , confirmer à l’Autel.
Croyez-moi , montrez-vous , venez à sa rencontre.
K «garde en quel état tu veux que je me montre.
Vois ce visage en pleurs*, et, loin de le chercher» Dis-moi plutôt , dis-moi que je m’aille cacher ! Phsdihi.
Que dites-vous ? ô Dieux !
Ah 1 retour qui me tue!
Malheureuse! comment paroîtrai-ic à sa vue.
Son diadème au front ; et, dans le fond du coeur?... Phœdime, tu m’entends , et tu vois ma rougeur! Phidime.
Ainsi vous retombez dans les memes alarmes Qui vous ont dans la Grece arraché tant de larmes ?
Et toujours Xipharcs revient vous traverser?
Mon malheur est plus grand que tu ne peux penser. >
Xipharès ne s’offroit alors à ma mémoire
Que tout plein de vertus , que tout brillant de g!oirc »
Et je ne savoir pas que , pour moi plein de feux ,
Xiparès des mortels fût le plus amoureux.
Phœdime.
Il vous aime, Madame ! et ce Héros aimable..,.
M o N I M E , l’intf Trompant.
Est aussi malheureux que je suis misérable.
Il m’adore, Phocdime ; et les memes douleurs Qui m’affligeoienc ici , le tourmentoient ailleurs. Phœdime.
Sait-il en sa faveur jusqu’où va votre estime?
$aic-il que vous l’aimez ?
tt MITHRID ATE,
MOMIMl.
Il l’ignore, Phoedime.
les Dieux m’ont secourue, et mon cceur affermi N’a rien dit , ou, du moins, n’a parlé qu’à demi. Hélas ! si tu savois , pour garder le silence ,
Combien ce triste cœur s’est fait de violence i Quels assauts , quels combats j’ai tantôt soutenus !..• Phoedime , si je puis, je ne le verrai plus.
Malgré tous les efforts que je pourrois me faire >
Je verrois ses douleurs, je ne pourrois me taire.
Il viendra , malgré moi , m’arracher cet aveu ;
Mais , n’importe , s’il m’aime , il en jouira peu.
Je lui vendrai si cher ce bonheur qu’il ignore Qu’il vaudroit mieux pour lui qu’il l’ignorât encore.
FHŒDIMI.
On vient... Que faites-vous, Madame?
Jo ne puis.
Je ne paroîtrai point dans le trouble ou je suis.
I Elle son , avec Pljadinie. )