‹ Mithridate, tragedie de RacineChapitre 81 sur 107 · PHEDRE, <B K O N I · texte numérisé non relu

PHEDRE, <B K O N I

'allons point plus avants demeurons , cher* (Knone^

Je ne me soutiens plus ; ma force m’abandonne»

Mes yeux sont éblouis du jour que je revoi ,

Et mes genoux tremblans se dérobent sous moi..,,

(Elle s'assied,)

(iKONi) à part.

Dieux ! toat-puissans , que nos pleurs vous apaisent ! PHEDRE, a part.

Que ces vains ornemens , que ces voiles me pèsent i Quelle importune main, en formant tous ces nœuds ,

A pris soin sur mon front d’assembler mes cheveux Tout m’afflige et me nuit , et conspire à me nuire.

(B! N o N h , a part."

Comme on voit tous ses vœux l’un l’autrese détruire?.., ( A Pheire. )

Vous-même, condamnant vos injustes desseins , Tantôt à vous parer vous excitiez nos mains ; Vous-mcmc . rappelant votre force première,

Vous vouliez vous montrer et revoir la lumière.

Vous la voyez , Madame i et , prête à vous cacher. Vous haïssez, le jour que vous veniez chercher.

Al

TRAGÉDIE. It

PHEDRE, à part.

Koble et brillant auteur d’une triste famille »

Toi , dont ma mere osoit se vanter d’être fille y Qui peut-être rougis du trouble où tu me vois».

Soleil , je te viens voir pour la dernière fois !

CE N O N E

Quoi ! vous ne perdrex point cette cruelle envie?

Vous veriai-je toujours, renonçant à la vie,

Faire de votre mort les funestes apprêts?

Phedre, à part.

Dieux ! que ne suis-je assise à l’ombre des forets i Quand pourrai je, au travers d’une i\ob!c poussière, Suivre de l’œil un char fuyant dans la carrière ?

CE N o N E,

Quoi ! Madame !

PHEDRE

Insensée ! où suis-je , et qu’ai- je dit?

Où latssé-je égarer mes voeux et mon esprit ! le l’ai perdu. I.cs Pieux m’en ont ravi l’usage. Œnonc, la rougeur me couvre le visage.

Je te laisse trop voir mes honteuses douleurs ;

Et mes yeux , malgré moi , se remplissent de pleurs

CE N O N E

Ah ! s’il vous faut rougir , rougissez d’un silence Qui de vos maux encore aigrit la violence.

Rebelle à tous nos soins , sourde à tous nos discours* Voulez-vous , sans pitié , laisser fiqir vos jours ?

Quelle tureur les borne au milieu de leur course ?

Quel charme ou quel poison en a tari la source?

Les ombres par trois fois ont obscurci les CUox»,

a îi

Depuis que le sommeil n’est entré dans vos veuxt Et le jour a trois fois chassé la nuit obscure >

Depuis que votre corps languit sans nourriture.

A quel affreux dessein vous laissez-vous tenter?

De quel droit sur vous -même osez-vous attenter ? Vous offensez les Dieux , auteurs de votre vie;

Vous trahissez l’époux à qui la foi vous lie ;

Vous trahissez enfin vos enfans malheureux.

Que vous précipitez sous un joug rigoureux.

Songez qu’un meme jour leur ravira leur mcrc*

Et rendra l’espérance au fils de l’étrangère,

A ce fier ennemi de vous , de votre sang ,

Ce fils qu’une Amazone a porté dans son flanc %

Cet Hippolytc.,..

P h i d r i , à pan.

Ah ! Dieux !

(E N O HS*

Ce reproche vous touche ?

PHEDRE

Malheureuse ! quel nom est sorti de ta bouche ?

Ih ! bien, votre colère éclate avec raison.

J’aime à vous voir frémir à ce funeste nom.

Vivez donc. Que l’amour , le devoir vous excite. Vivez •, ne souffrez pas que le fils d’une Scythe , Accablant vos enfans d’un empire odieux ,

Commande au plus beau sang de la Grèce et des Dieux* Mais ne différez point , chaque moment vous tue* Réparez promptement votre force abattue,

TRAGÉDIE. ij

Tandis que de vos jours prêts à sc consumer ,

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