‹ Mithridate, tragedie de RacineChapitre 84 sur 107 · PHEDRE, ŒNONE · texte numérisé non relu

PHEDRE, ŒNONE

1^^ adamr , je cessois de vous presser de vivre ï Déjà meme au tombeau je soneeois à vous suivre ï Pour vous en détourner je n’avois plus de voix ;

Mais ce nouveau malheur vous prescrit d’autres loix. Votre fortune change et prend une autre face.

.te Roi n’est plus , Madame ; il faut prendre sa place.

Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez , Esclave , s’il vous perd , et Roi , si vous vivez.

Sur qui, dans son malheur, voulez-vous qu’il s’appuie ?

Scs larmes n’auront plus de main qui les essuie i Et ses cris innocent , portés jusques aux Dieux , Iront contre sa merc irriter scs ayeux.

Vivez i vous n’avez plus de reproche à vous faire : Votre flamme devient une flamme ordinaire.

Thésée, en expirant , vient de rompre les noeuds

PHEDRE

Qui faisoient tout le crime et l’horreur de vos feu*. Hjppolyte pour vous devient moins redoutable.

Et vous pouvez le voir sans vous rendre coupable» Pcuc-ctre , convaincu de votre aversion.

Il va donner un chef à la sédition.

Détrompez son erreur , fléchissez son courage»

Roi de ces bords heureux , Trézene est son partage* Mais il sait que les loix donnent à votre fils Les superbes remparts que Minerve a bâtis.

Vous avez l’un et l’autre une juste ennemie:

Unissez-vous tous deux pour combattre Aricie.

PHEDRE

Eh ! bien , à tes conseils je me laisse entraîner* Vivons , si vers la vie on peut me ramener.

Et si l’amour d’un fils, en ce moment funeste *

De mes foiblcs esprits peut ranimer le reste.

Fin du premier Acte ,

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