‹ Mithridate, tragedie de RacineChapitre 99 sur 107 · PHEDRE, THÉSÉE · texte numérisé non relu

PHEDRE, THÉSÉE

PHEDRE

Seigneur , je viens à vous pleine d’un juste effroi. Votre voix redoutable a passé jusqu’à moi.

Je crains qu’un prompt effet n’ait suivi la menace.

S’il en est tems encore , épargnez votre race » Respectez votre sang : j’ose vous en prier.

Sauvcz-moi de l’horreur de l’entendre crier.

TRAGÉDIE. J

Ne me préparez point la douleur éternelle I)e l’avoir fait répandre à la main paternelle.

Thésée.

Non , Madame , en mon sang ma main n’a point trempé ;

Mais l’ingrat toutefois ne m’est point échappé.

Une immortelle main de sa perte est chargée, Neptune me la doit, et vous serez vengée.

PHEDRE

Neptune vous la doit ? Quoi ! vos vœux irrités !....

Thésée, l’interrompant.

Quoi! craignez-vous déjà qu’ils ne soient écoutés? Joignez-vous bien plutôt à mes vœux légitimes.

Dans toute leur noirceur retracez-moi ses crimes. Échauffez mes transports , trop lents , trop retenus. Tous scs crimes encor ne vous sont pas connus.

Sa fureur contre vous se répand en injures.

Votre bouche, dit-il, est pleine d’imposture*.

Il soutient qu’Aricie a son cœur, a sa foi ;

Qu’il l’aime.

PHEDRE

Quoi ! Seigneur?...

Thésée.

Il l’a dit devant moi 1 Mais je sais rejetter un frivole artifice.

Espérons de Neptune une prompte justice.

Je vais moi-même encore, au pied de scs Autels ,

Le presser d’accomplir scs sermens immortels.

( Il sort, )

F ij

éo PHEDRE

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