ACTE DE DÉPÔT DU TESTAMENT DE MADEMOISELLE DE LESPINASSE
22 mai 1776
Par le procès verbal étant en suite de celui d’apposition i de scellés en date de cejourd’hui fait par nous Claude Le i Seigneur, conseiller du Roy, commissaire enquesteur exa- ! minuteur® au Châtelet de Paris, après le décès de la demoi- ; selle de Lespinasse, à la requeste de M. Jean D’Alembert I secrétaire perpétuel de l’Académie Françoise, membre, de I l’Académie royale des sciences : .]
Appert mondit sieur D’Alembert nous avoir représenté un j paquet cacheté sous enveloppe, portant ces mots : A monsieur d’Alembert, ceci est le testament de de Lespinasse pour ; être ouvert au moment de sa mort. Par l’ordonnance de . monsieur le lieutenant civil® étant en suite : appert ledit paquet avoir été décacheté, et s’être trouvé contenir le tes-
( . Toutes les pièces que nous publions sous les numéros I-VIII proviennent de l’étude de M“ Carré. Mis sur leur trace par la vente faite, le 1 1 avril 1876, i
par M. Étienne Charavay de 72 lettres inédites de mademoiselle de Lespinasse, adressées à Condorcet et à Turgot, et d’un compte d’exécution de son testa- i ment, c’est à la fin du même mois que, par une obligeance dans la reconnaissance de laquelle nous devons joindre au nom de M' Carré, celui de M. Raclot, son très-aimable principal clerc, nous fûmes autorisé à en prendre copie.
2. Reçu commissaire au Châtelet, en 1775, ce Le Seigneur, qui se partageait avec deux autres commissaires le quartier Saint- Germain, demeurait rue du Bac, vis-à-vis les Dames Sainte-Marie (aujourd’hui passage Sainte-Marie). Il figure encore avec celte qualité dans l’Almanach royal de 1789.
3. Denis-François Angran d’Alleray, ancien procureur général du Grand Conseil, lieutenant civil depuis le29 décembre 1774, guillotiné le9 floréal an II (28 avril 1793), avec 35 autres condamnés parmi lesquels Thiroux de Crosne, lieutenant de police, le président de Nicolaï, Terray, intendant de Lyon, l’amiral d’Estaing, le duc de Villeroy, le marquis de La Tour du Pin, ancien ministre de Louis XVI, tes comtes Du Prat et de Béthune-Charost. Au tribunal, le président Dumas lui reprochant d’avoir fait passer des secours à un de ses enfants émigré, et un des jurés ayant fait observer qu’il ignorait peut-être la loi qui interdisait toute correspondance avec les émigrés : o Je la connaissais, répondit-il, mais les lois de la nature passent avant les lois de la République. » (Carapardon, le Tribunal révolutionnaire, t. 1, p. 312.)
lament olographe de D"» Julie de Lespinasse, et un autre écrit, dont le tout a élé signé et paraphé par mondit sieur le lieutenant civil et ordonné être déposé à M® Lambot, notaire en celte cour, à l’effet par lui de s'en charger pour le ranger au nombre de ses minutes et en délivrer des grosses et expéditions à qui il appartiendra.
Et enfin par noire procès verbal en suite de la dite ordonnance:
Appert nous estre transporté à l’élude du dit M® Lambot, lui avoir remis et déposé les dit testament, écrit et enveloppe, et s’en estre chargé pour les ranger au nombre de ises minutes, à l’elt'et d’en délivrer des grosses et expéditions quant à qui il appartiendra.
I Extrait et délivré par nous conseiller du Roy, commis isaire susdit et soussigné, en nostre hôtel, ce mercredy vingtideux may mil-huit-cenl-soixante-seize.