EPILOGUE
Ça y est, j'ai été emballée en débarquant à 6 h. 30 du matin à la gare de TEst, et coffrée immédiatement à Saint-Lazare.
Un télégramme du chef de la sûreté de Bucarest avait été adressé à la Préfecture de police. On a retrouvé les montres et les titres dans mon sac de voyage. Il paraît, d'ailleurs, que j'étais recherchée depuis pas mal de temps par ces messieurs de la Tour pointue.
Le juge d'instruction m'a fait la cour, j'ai cru comprendre qu'il ne me chargerait pas trop, de façon à pouvoir me rendre visite le plus tôt possible. A peine me parlat-il de mes affaires. Les interrogatoires se passèrent en conversations légères.
Dix jours après, malgré le talent d'un ravissant petit avocat qui m'apportait à
Saint-Lazare des boîtes de chocolat et des chansons de Montmartre, j'ai attrapé quinze mois.
Je sors demain, je vais sauter au cou de mon Georges chéri qui me croit encore aux Indes. J'ai de Fimagination, je m'en tirerai toujours s'il me demande des descriptions pittoresques. La souris d'hôtel, -- je l'ai dit, — a été aussi souris de bibliothèque, elle connaît les bouquins de Cherrillon, de Loti et de Kipling.
2 novembre. — Enfin libre. Ouf! Je grimpe dans un taxi-auto, je vais chez papa me rafistoler un peu. Il n'est pas chez lui, papa. Il n'est jamais chez lui. Etonnezvous donc que je sois une jeune fille si mal élevée !
A trois heures, je sonnerai à la porte de mon amant, il est toujours là l'après-midi : Vheure du modèle. Mon cœur bat très fort. Si l'adoré s'est collé avec une autre femme... ça va chauffer...
J'ai demandé à la concierge s'il était dans son atelier.