MMAF 5, Fasc. 3 (1894)
La vallée des Reines, communément appelée par les Arabes Bab el-Harem et Bibân es-Soultanât , est un défilé tortueux s’enfonçant dans la chaîne libyque au sud-ouest des Bibân el-Moloûk. On y parvient de Medinet-Abou en quelques minutes, par un chemin direct et plat; les autres routes sont plus longues ou plus tudes. Je n ai pas à refaire la description de cette petite nécropole contenant une vingtaine de tombes’; je m’en tiendrai au seul monument que j’ai relevé, le plus intéressant d’ailleurs par son état de conservation, le tombeau -de la « royale fille, royale sœur, royale mère et très royale épouse, Thiti » \
La reine Thiti n’est pas autrement connue. Son nom ne figure sur aucun autre monument, tombe de roi ou de particulier, stèle, statue, figurine funéraire, scarabée ou amulette, ces derniers, s entend, dans la limite de ce qui a été publié! 11 com P ose à la finale prés des mêmes éléments que celui de Thii, femme d’AménophisIII, de Thii, femme de Aï, et de Thii miri-hosit, femme de Séti IL II n’en fallait pas plus, semble-t-il, pour que M . Brugsch 3 proposât d’abord d’identifier la Thiti en question avec la mère de Khounaten. Cette hypothèse fit son chemin. Elle contribua à la formation du roman de Thii ou Taïa, la belle Sémite, accepté par Mariette pour expliquer l’introduction du culte d’Aten ou Adon sous le pharaon hérétique. La coloration rose des chairs, spéciale à cette reine, indiquait, dans la pensée de ce savant, un type non égyptien, probablement sémite. Mariette trouva plus tarda Karnak une jolie tête de reine, bien connue