Champollion en avait noté seize
2. Le n° 3 du plan de Champollion, Notices descriptives , t. I, p. 382.
3. Brugsch, Recueil de monuments égyptiens , t. II, p. 73 et pi LXIII.
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de tous les visiteurs de Boulaq ; l’allongement des yeux, le sourire étrange des lèvres s’associèrent, dans son esprit, au charme' produit par la coloration du tombeau de Bab el-Harem, et cette tête est devenue célèbre sous le nom de Taïa que M. Maspero lui a retiré. La tendance n’est plus, en effet, à ces hypothèses faciles qu’inspirait le goût hérité des Grecs d’atténuer par l’épisode la monotomie des faits retenus dans la rédaction officielle des annales pharaoniques.
On n’a pas de meilleure raison pour tenter un rapprochement soit avec la seconde Thii, femme de Aï, soit avec Thii miri-hosit, et il faut savoir se borner aux seules données du tombeau. S’il ne laisse pas, faute d’un cartouche de roi, déterminer la place exacte de la reine dans une dynastie, il permet au moins dans une mesure appréciable de fixer la dynastie. Premier point à considérer, le tombeau est creusé dans le même contrefort formant le versant oriental de l’étroite vallée, dans le même bloc, à vrai dire, que la syringe de la reine Isis, femme de Ramsès III. Des deux parts même plan, dimensions sensiblement égales. Placées l’une à côté de l’autre, on dirait de deux tombes jumelles. Les. réprésentations ne différent beaucoup ni par la forme ni par le fond. Quelques détails caractéristiques du costume tels que les coiffures de la reine sont comjjpuns à Isis et à Thiti. Autant qu’on en peut juger par ce qui émerge de l’amoncellement des décombres, Isis présente la même distribution des textes que Thiti; le style de la gravure est le même. Les procédés décoratifs de la XX e dynastie nous sont bien connus, au moins pour ce qui est des hypogées royaux. Au rendu vigoureux et presque heurté des tombes de la XIX e dynastie (voir par exemple le tombeau déBELzoNi) asuccédésous les pharaons de la XX e une manière claire et presque sans accent. La couleur noire des fonds, qui, dans Séti I et , permet aux figures rouges de s’enlever avec vigueur, a disparu dans les monuments de la XX e . Les fonds n’y sont que jaunes ou blancs. De plus, la répartition des quatre couleurs conventionnelles bleu, rouge, jaune et vert, y est tellement équilibrée que, faute de prédominance sensible d’un ton sur les autres, l’harmonie en est singulièrement affadie. Ce caractère propre aux tombes des Ramessides des Bibân el-Molouk se retrouve également et au même degré dans Isis et dans Thiti. En somme, pour qui apprécie les arguments puisés dans l’étude du style, et en archéologie ce ne sont pas les moins forts, les deux hypogées ont dû être creusés, aménagés et décorés dans
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un intervalle de temps inférieur à la durée moyenne d’une dynastie. La reine Thiti était probablement la femme d’un Ramsès de la XX e . Mais nous n’avons jusqu’à présent aucun moyen de savoir lequel, le Papyrus Abbott, référence tout indiquée dans la question, ne mentionnant nullement parmi les tombes violées sous Ramsès III celle de la reine Thiti malgré son voisinage avec Isis, consignée au procès-verbal 4 .
On s’est demandé si la reine Thiti, à quelque dynastie qu’elle ait appartenu, était ou non de race égyptienne. Une pareille question n’a jamais pu être suggérée par la forme de son nom. Il ne trahit dans la simplicité de son orthographe aucun des efforts de transcription qui sont le plus souvent la marque des noms passés à l’égyptien et paraît même appartenir à cette famille de noms égyptiens disyllabiques dont la désinence reproduit la voyelle radicale (Pipi, Toumou, Khoufou, etc.).
Il n’en va pas de même des représentations de la reine. A première vue, la délicatesse de son profil et principalement la coloration rose dont l’artiste a revêtu les parties nues induisent à penser qu’on se trouve en présence d’un type étranger. Il ne faut pourtant pas s’arrêter à cette première impression. A tout considérer, les traits du dessin sont avec plus de finesse, mais surtout de finesse d’exécution, les traits conventionnels par lesquels les sculpteurs égyptiens représentent la beauté féminine. Les yeux sont agrandis par le prolongement de la ligne d’antimoine. L’iris, aujourd’hui effacé, était bleu, selon Prisse d’Avesnes ; mais ce bleu y tenait lieu de noir par convention et comme cela est le cas pour certains accessoires dont la couleur originale restera longtemps problématique. Le nez est légèrement aquilin et peu en saillie; les narines plus petites et la bouche moins épaisse qu’à l’ordinaire sont d’une parfaite horizontalité. Il y a là évidemment une atténuation à cette rondeur des traits, à cette lourdeur du modelé qui sont une des caractéristiques du type indigène. Sous la XX e dynastie, l’Égypte n’était plus un territoire fermé aux peuples étrangers. L’armée se recrumit parmi les populations nomades des déserts limitrophes. Des captifs et captives de toutes races peuplaient les faubourgs de Thèbes. Les maisons royales et les renfermaient de belles esclaves
i. Maspero, Une enquête judiciaire à Thèbes , p. 69 sqq.
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au service des princesses. De nombreux éléments de comparaison s’offraient ainsi aux artistes. Nul doute qu’une telle variété, si séduisante par sa nouveauté, n’ait exercé son influence sur l’idéal du temps. C’est une Thiti idéale que nous avons sous les yeux.
Il y avait alors des milliers d’années que les rois n’étaient plus très fidèlement représentés par leur propre image, mais d’après un c-anon spécial qui leur assignait les formes et la beauté des dieux, selon la conception du temps '. N’est-il pas remarquable que le seul pharaon faisant exception à cette règle était précisément l’hérésiarque Khounaten, qui avait ses raisons pour ne pas se prêter à une transfiguration purement religieuse? Ce qui était la règle pour les rois, l’était pour les royales mères et les royales épouses. Les Égyptiens les assimilaient aux déesses, Maut, Isis, Hathor, etc., dont elles portaient les attributs. Vouloir rechercher si la reine Thiti a le type sémite ou libyen revient à se demander à quelle race appartenait la mère d’Horusou l’épouse d’Ammon. Mais un peuple ne peut pas se complaire dans un idéal immuable. De siècle en siècle, même en Orient, la vie se transforme, les opinions se modifient, le goût s’altère ou s’épure. Les Égyptiens étaient de trop fins observateurs pour n’être pas tentés de ranimer les froides silhouettes de leurs poncifs par quelques traits empruntés directement à la nature. Il semble qu’au temps des derniers Ramessides la part faite à ces emprunts ait été plus large qu’au siècle de Séti et de Ramsès le Grand. Cette tendance n’est pas encore aussi sensible que dans les œuvres de la période saïte; elle n’en est pas moins digne de remarque. On pourra voir dans les planches qui accompagnent ce mémoire le soin avec lequel un peintre habile s’est efforcé de rendre la conformation typique et l’élégance maniérée de la grande dame de son temps. Certaines exagérations intentionnelles ne sont pas, tant s’en faut, le fait d’un maladroit, mais bien au contraire d’un dessinateur parfaitement rompu à la routine de son art. Il semble avoir appartenu à cette école d’illustrateurs habiles qui esquissaient sur les parois des tombes ces jolies scènes d’intérieur où de jeunes femmes à demi dévêtues, la chevelure dénouée, les unes accroupies sur des tapis, les autres siégeant avec dignité sur des chaises
i. Il est possible également que le type réel du pharaon, surtout alors ce personnage était doué d’une beauté physique peu commune comme Séti I er et son fils Sésostris, influait à son tour sur le type conventionnel attribué aux divinités ; mais même dans ce cas, nous n’avons affaire qu’à un iconisme fortement mitigé.
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d’apparat, se livrent aux soins de la toilette, ou aux douceurs d’un repas égayé de chants et de fleurs.
Le peintre de la reine Thiti ne s’était pas contenté d’apporter le plus grand soin dans le dessin de sa figure, de lui donner la structure réelle du corps féminin, de ménager habilement les plis et la transparence du costume; il a renoncé également à étendre sur les parties dévoilées ce ton conventionnel d’ocre jaune réservé depuis les temps les plus lointains, dans la peinture hiératique, au rendu de la pâleur féminine. La nuance rosée dont il s’est servi se rapproche beaucoup plus de la réalité. Mais ce n’est pas une tentative isolée, comme on semblait le croire autrefois. Il y a dans la plupart des musées égyptiens et les fellahs exploitent encore dans le voisinage de Cheikh-'Abd-el-Gournah, toute une mine de sarcophages anthropoïdes ayant les mains et le visage peints non plus en brun rouge ou en jaune, ni recouverts d’une feuille d’or, mais du plus beau et du plus exact ton de chair, à bien peu prés le rose délicat de la carnation de notre reine. Et il ne vient à personne la pensée d’en faire des sarcophages de personnages libyens ou sémites. Rien ne prouve, en définitive, que Thiti n’était pas égyptienne.
Ses nombreux titres nous la donnent comme 1^* , royale fille',
royale fille de son flanc (c’est-à-dire légitime) ;
, royale fille qu'il (le pha-
raon) aime ; 1 ^ lÉ2, très royale épouse ou principale épouse royale-, | , royale
mère \ ^ divine mère; ^ | , royale sœur; , princesse héritière ou maîtresse
d’un fief ; \\ \ e'm ’ ^ S ran ^ e de toutes les faveurs ou la principale de toutes les
favorites; Q ^ <=> , la palme d’amour et enfin reine d’Égypte.
L’inscription dédicatoire nous fait savoir que le tombeau a été exécuté par ordre du roi, peut-être son père, ainsi qu’il résulte d’une légende gravée en plusieurs endroits du tombeau et notamment à l’entrée de la chambre septentrionale : A < — 5 H î ® 1 **s => 3=1 Sjl exécuté comme hommage
de la part du roi à la royale fille de son flanc, celle qu’il aime, la souveraine de la double terre, etc. Peut être aussi convient-il de ne prendre la qualité de sit ne khet mereiv, que comme un simple titre. Mais cela est fort douteux à cause du terme ne khetw, de sa chair, qui ne peut se rapporter qu’à une filiation réelle et non à
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la filiation honorifique simplement exprimée d’ordinaire par le titre de souten se ou souien sit. Faute d’un second cartouche, nous en sommes réduit à des conjectures. La plus admissible ou tout au moins celle à laquelle on va tout d’abord consiste à supposer la syringe creusée et aménagée pendant la période qui a précédé l’avénement de la princesse, alors qu’elle n’avait d’autre titre que ceux de souten sit et de ropat et vivait sous l’autorité paternelle. Telle nous la voyons représentée ornée de la tresse de princesse héritière sur les parois de la chambre nord et de la chambre est. A la mort de son père, Thiti serait devenue royale épouse de son frère, le prince héritier couronné souten et aurait joint à ses titres celui de royale sœur. Quoi qu’il en soit de cette hypothèse, il est à remarquer que la reine porte conjointement les titres de ropat et de souten himt oïrit, ce qui prouve qu’ils peuvent se concilier. Peut-être ropat implique-t-ii aussi l’idée d’un douaire ou d’un fief héréditaire dont la reine aurait conservé le principal malgré sa suzeraineté.
La décoration du tombeau, selon le principe qui a prévalu pour les hvpo" gées royaux, est purement funéraire. Les scènes s’y rapportent toutes à la vie de l’âme ; celles qui avaient trait à la vie du double de la personne royale étant réservées à la salle des offrandes, distincte en tout temps pour les rois du caveau et de ses dépendances.
Le décorateur avait recours en pareil cas à ces curieux formulaires illustrés de vignettes qui constituaient, dès avant le début de la période historique, la bibliothèque des nécropoles. Avec le temps, le nombre de ces écrits s’était multiplié. Mais tous ne semblent pas avoir joui de la même vogue; l’efficacité de leurs propriétés magiques devait être surtout fondée sur leur ancienneté. C’est l’âge vénérable de cei tains textes contenus dans le Livre des Morts qui a fait sa fortune. Il n’a cessé de rester le répertoire dans lequel on puisait la plupart des éléments qui devaient concourir à l’ornementation et plus encore à la consécration de la tombe. On les combinait soit avec des emprunts plus ou moins considérables aux livres de YAmtiout, de Y Embaumement, des Funérailles, etc. Ces deux derniers ne tiennent aucune place dans le tombeau de Thiti. Quelle a été la part du Livre de l’Amtiout, c’est ce qu’il est difficile de dire; car ce qui caractérise à ce point de vue cette petite tombe, c’est la liberté avec laquelle on en a usé à l’égard des formulaires les plus usuels. Elle ne nous offre pas, en effet,
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une série continue de scènes reproduisant toutou partie de l’ordre observé dans le Livre des Morts: ses dimensions ne s’y prêtaient guère. Elle ne nous offre pas davantage de petits extraits copiés mot à mot, comme on en trouve sur les parois des sarcophages. Sa décoration est une interprétation très libre, conduite au moyen de ces réminiscences qui sont bien plus le fait d’un artiste habitué à traiter des scènes purement civiles comme celles de la vie du double qu’à faire un choix éclairé dans le fatras des rituels.
Les deux parois du couloir nous représentent la reine se conciliant par ses prières les quatre dieux Ptah, Hormachouti, Thot et Toumou. Nous sommes au beau moment de ce que M. Maspero a appelé la contagion solaire. Les théologiens de la XX e dynastie s’ingénient à rattacher par des liens subtils les dieux les moins solaires de l’Égypte au système héliopolitain. C’est ainsi que Ptah de Memphis se trouve accolé à Hormachouti pour former avec Thot(d’Hermopolis) et Toumou une sorte de carré dans lequel il faut chercher soit les points cardinaux, soit la personnification des quatre principales escales de la navigation diurne et nocturne de Râ. En même temps Thitise rend propices les quatre embaumeurs Amset, Tioumautew, Hapi et Khebsennouw et les deux pleureuses Isis et Nephthys, dont la mission est d’écarter à grands cris pendant la cérémonie de rcmbaumement' les mauvais esprits qui guettent le corps d’Osiris ou du défunt. Ces diverses divinités accordent leur protection à la reine défunte qui se place vis-à-vis d’eux sous cette sorte de dépendance exprimée par la locution ^ @ (j Q calquée sur les rapports des grands officiers et des ^ < ~ => j
vis-à-vis du pharaon.
Neith et Selqit forment une suite logique au groupe précédent. Neith, la dame à la navette, œil du soleil qui na pas son pareil, est ce que nous appellerions la patronne des tisserands? la déesse des tissus et, par extension, des bandelettes funéraires. Selqit, la charmeuse de serpents, a pour attribut le scorpion.
Elle est à la fois la magicienne, la déesse des poissons et des philtres magiques ainsi que la régente de la bibliothèque ^ 'ÿ 3 , titre également porté par Safkit.
Peut-être les théologiens avaient-ils établi une distinction entre la biblio-
1. Maspero, Leçons professées au Collège de France , I er sem. 1891.
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théque patronnée par Selqit et la bibliothèque patronnée parSafkit. Il y avait en effet deux sortes delivres : les livres du temple et les livres de la nécropole. Safkit paraît plus spécialement attachée à la chambre des écrits du temple; c’est la déesse des livres par excellence, au même titre que le dieu Thot. Selqit est surtout une déesse funéraire, une des puissances conjuratrices auxquelles avait recours le défunt contre les génies malfaisants du Tiout. Il était par conséquent logique de la concevoir comme l’inspiratrice des livres funéraires qui n’étaient en définitive qu’une série de formulaires, une suite de recettes dont l’observance, en certains cas, par les survivants et, dans la plupart, par le mort, assurait à ce dernier le triomphe contre les forces hostiles qui l’appréhendaient dans les roslaou et lui réservait la félicité dans le Sokhit-Ialou. Les allusions aux pratiques de l’embau mement, c’est-à-dire aux préliminaires du voyage que le m ort va accomplir, prennent fin à la sortie du couloir.
Les représentations de la chambre centrale se rapportent franchement à la vie d’outre-tombe. Ce sont d’abord deux fauves, rôdeurs de cimetières, le chacal blanc, — blanc parce qu’il est dans les bandelettes -fj- ^ ^ — et le lion. Le chacal est ici Anoupou, le guide des chemins mystérieux; le lion est un de ces deux lions que les rédacteurs du Livre des Morts plaçaient à l’ouest et à l’est. Introduits dans les mythes funéraires à l’époque lointaine où le lion peuplait les déserts de la basse vallée du Nil, il est naturel de les trouver à côté du chacal dans les scènes du monde infernal visiblement calquées sur le seul monde connu des premiers Égyptiens, c’est-à-dire sur leur vallée. La courte apparition que font les fauves à l’aurore et au crépuscule ne pouvait manquer de sembler mystérieuse aux fellahs de ces temps très anciens, et tout ce qui prêtait au mystère pour ces populations naïves a pris place dans le tissu des légendes qui avaient trait au plus palpitant des mystères, à la mort. Pour les prêtres d’Héliopolis ou de Thèbes, le lion ne pouvait se dérober lui aussi, à l’obligation d’être incorporé sous toutes sortes de noms, dans la légion des divinités solaires; pour le fellah d’avant les Pyramides, il n’était guère que le lion, une sorte d’habitant du désert, d 'hirishaou, qu’Osiris, son bâton à la main, en route pour l’Ammah, rencontrait menaçant à la lisière des sables.
Suivent des génies, gardiens des demeures du Tiout, presque tous armés d’un ou de deux couteaux. L’un de ces gardiens, Nibniroui, paraît être pré-
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posé à l’une des entrées : « Les portes te sont ouvertes, dit-il à la défunte, les mystères te sont dévoilés. » Deux cynocéphales accroupis et un petit singe du genre maki, armé d’un arc, sont appelés auwou « la chair » sans autre explication. Fautil voir en ces trois singes ces compagnons de Ra, mentionnés dans les hymnes, qui l’acclament à son lever et lui font cortège ? c’est peu probable. Ne sont-ce pas plutôt des génies de même nature que les cynocéphales en permanence dans certaines stations infernales, comme ce bassin du feu mentionné au chapitre ex xiv ? l’allusion serait plus claire. Mais pourquoi ce nom d’Auwou ? c’est, nous le savons, celui qui sert à désigner dans le Livre de l’Amtiout le soleil mort. S’il y a un lien entre ces singes mystiques et le soleil (ou la reine) entré dans le royaume des Ténèbres, ce n’est pas en tous cas un rapport d’identité. En laissant par conséquent au cadavre divin ou royal le nom d’Auwou qui lui revient, il nous reste à nous demander si les trois quadrumanes ne sont pas tant soit peu apparentés aux singes sacrés d’Hermopolis et ne tiennent pas ici la place du dieu Thot, que le Livre des Morts désigne en maints endroits comme le protecteur des chairs du défunt*. Ce rapport qu’ils ont avec Thot embaumeur ou protecteur du cadavre, ils le conserveraient avec Thot greffier du tribunal osirien, et l’on pourrait dès lors leur attribuer les paroles gravées au-dessus d’eux et qui nous reproduisent le verdict rendu à la suite de la psychostasie . ce Tu as été déclarée (mot a mol : pesee ) juste par devant la neuvaine des dieux. Tu nas point pêché (?). Pesé a été ton cœur sous toutes ses formes : il n a point témoigné contre toi pète. » Il est une des parois de la salle principale dont la décoration ne semble pas de prime abord très bien cadrer avec ce qui précédé . cest la paroi orientale. La reine y présente d’un côté les deux sistres aux génies Amset et Tioumautew et de l’autre les emblèmes de sa double royauté aux génies Hapi et Kebhsennouw. Mais, détail que je ne crois pas négligeable, la défunte ny est plus dite amakln ker... La protection spéciale des quatre embaumeurs a pris fin. Thiti a triomphé de toutes les difficultés de la route ; elle est sortie des rostaou , victorieuse comme le soleil dont le disque resplendit au-dessus de la porte entre les deux serpents ailés, et dont les deux barques reparaissent avec leur cabine mystérieuse et leur tcndelet écarlate sur le Nil de