Cf. notamment le chap. xlit
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la vallée céleste ç=^ . La coiffure divine de la reine accentue le sens de ces deux
scènes de triomphe et d’actions de grâces.
En somme, les huit tableaux qui ornent la salle du centre sont moins un résumé du rituel qu’une série d’allégories significatives comme les aime le peintre décorateur ou mieux encore des allusions très libres mais tout aussi expressives à l’ensemble des péripéties du voyage dans le Tiout : 1 accès au rovaume d’Osiris, la conjuration des forces adverses, l’absolution après le juge-
ment, le retour triomphal à la lumière avec le soleil.
Les chambres secondaires ont été ornées dans un esprit un peu différent . les scènes murales forment dans chacune d’elles une composition plus homogène.
La chambre méridionale qui contient le. puits n’offre que deux tableaux intacts. L’un et l’autre nous représentent la reine ornée des insignes de la ropat, adorant d’une part les quatre fils d’Horus à têtes humaines, parce qu’ils sont envisagés comme dieux des quatre points cardinaux, et présentant d’autre part les sistres aux mêmes génies figurés avec les têtes qui les distinguent en tant que génies embaumeurs. Le tableau du fond qui devait être le plus caractéristique a disparu
sans laisser d’autres traces qu’un fragment d’Osiris.
La chambre opposée (sud) nous met d’abord en présence des Amitiout. 1 rois sur le mur de droite et trois sur le mur de gauche. Ceux de droite, a tete de crocodile, de héron et d’épervier, sont appelés la neuvaine de tous les dieux du Tiout. Ils se vantent d’accorder à la défunte des offrandes dans le Sokhit-Hotepou.
Ceux de gauche, à tête de chacal, de serpent et de crocodile ou d hippopotame, représentent tous les dieux des portes mystérieuses qui sont dans le haut et purifient la défunte à sa sortie d’On (Héliopolis). Le premier tableau est complété par deux de ces génies à tête de chacal et d’épervier qui ont pour fonction d’acclamer le soleil à son lever et à son coucher. Ce sont les esprits de ^ © (Bouto) et de (Eilythia) ou simplement du nord et du sud. Ils acclament la reine en ces termes : « Honneur à toi , que ton nom soit purifié comme ceux des dieux Amitiout ! » Le tableau qui décore le mur du fond nous offre la scène bien connue d’un des premiers épisodes du voyage d’outre-tombe : 1 arrivée de la défunte devant le sycomore qui se trouvait à l’entrée des Enfers. L arbre sacré se dresse, en effet, au milieu du tableau, entre la défunte et la montagne de l’Occident, d’où sort par la fameuse fente (Peka) la déesse de l’Amenti, sous sa
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forme de vache; ce qui ne l’empêche pas d’apparaître également sous sa forme humaine dans les branches de l’arbre sacré : Nous t'accordons la libation du Ni 7, dit la déesse ainsi dédoublée à Thiti, son adoratrice. On sait que l’âme, avant de s’embarquer pour le périlleux voyage du Tiout était censée recevoir, de Nouit ou d’Hathor, le viatique sacramentel sous la forme d’un pain accompagné de purifications. Le pain ne se trouve ici ni dans les mains d’Hathor. ni dans celles de Thiti ; mais il est permis de supposer que les offrandes amassées au pied du sycomore et qui se composent, autant qu’on peut encore en juger, d’un abat de bétail et d’un vase rempli de verdure, en tiennent lieu. Il en est de même de la purification; bien que mentionnée dans la légende, elle ne figure pas dans le tableau, contrairement à l’usage qui semble avoir prévalu pour l’arrangement de cette scène. C’est bien, en effet, l’idée de purification qui domine ici, l’idée qu’exprime le groupe et qui me paraît en même temps rattacher cette scène aux deux précédentes. La chambre du sud est vraisemblablement la chambre des eaux lustrales, des libations. Elle a trait surtout aux purifications qui rendaient le mort apte à remplir toutes les conditions de sa vie nouvelle, de la vie divine. Les purifications étaient une des formalités que devait accomplir un des membres de la corporation funéraire chargée de représenter dans le cérémonial de l’enterrement les mystères de la mort et de la résurrection d’Osiris. Ce personnage était YHor Anmautew. 11 est figuré, à l’entrée des deux chambres latérales, vêtu de la peau de panthère comme le khrîhib, offrant d’une main l’encens au moyen du et versant l’eau lustrale contenue dans le vase | .
La chambre de l’est nous fait assister à la résurrection d’Orisis, auquel est identifiée la défunte. Ses membres dispersés ont été réunis, ses attributs divins lui ont été restitués; il a été replacé sur son trône. Il ne lui reste qu’à reprendre le souffle qui lui sera rendu au moyen des passes magiques . Toutes les divinités qui ont joué un rôle dans les opérations multiples de sa résurrection s’empressent autour de lui : Neith, la dame aux bandelettes; Selqit, celle qui sait les formules ; Isis et Nephthys, les deux suppliantes; Thot Khonthisirt, muni de son rouleau « pour faire les passes magiques saou à son père Osiris, seigneur de l'Amenli ».
Mais Osiris et la défunte, ainsi rendus à la vie, ne peuvent subsister que grâce
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au tribut d’offrandes que leur doit la piété des survivants. Ces offrandes constituent presque à elles seules tout le culte des morts. Elles accompagnent, en premier lieu, la cérémonie des funérailles : on ne dépose pas la momie dans son caveau sans un approvisionnement dont la durée ou le renouvellement sont assurés par la vertu des formules magiques gravées sur les stèles et les parois de la tombe. De plus, aux grandes fêtes périodiques d’Ouaga, du Nouvel An et en diverses circonstances prévues parles contrats passés entre la famille du défunt et l’administration de la nécropole, de nouvelles offrandes sont périodiquement déposées dans la chapelle funéraire. Une partie de ces offrandes s’adresse au défunt, une autre revient aux dieux qui l’ont admis en leur compagnie et qu il importe de lui concilier pat ces bons procédés. Les deux parois latérales nous montrent ces dieux, d’abord les quatre fils d’Horus pour qui la défunte affecte une dévotion toute particulière, sans doute en raison du rôle important qui leur est dévolu dans le Tiout, puis huit divinités qui sont . Hou, Sa, Shou, Tafnout, Sib, Nout, Nowretoumou et Horhaqenou. Ces huit divinités formeront un paoui avec la défunte, neuvaine singulièrement hétérogène si Ion entreprend de ramener chacune de ces divinités à sa signification originelle, mais d’une homogénéité qu’il nous est permis de saisir malgré notre imparfaite connaissance de la théologie thébaine, si nous ne cherchons en elles qu’une série de divinités choisies dans le cortege habituel des navigations solaires.
Les deux premiers dieux et le dernier appartiennent en effet a 1 équipage de la barque du soleil ; les deux couples Shou-Tafnout et Sib-Nout ont été associés de bonne heure, comme divinités cosmiques, au mythe de la mort et de renaissance du soleil, ou tout bonnement comme étant les ascendants directs d’Osiris avec qui le soleil était identifié. Les dévots étrangers à la théologie ne se perdaient pas en tant de raffinements; il faut croire aussi qu ils s épargnaient les déductions subtiles qui ont présidé à la création de Nowretoumou, ce dieu hybride, fils (on ne sait comment) de Sokhit, et dont nous serions aussi bien en peine de fixer le caractère primitif, mais que nous savons être devenu à son heure un dieu soleil, enrôlé comme magicien dans l’escorte qui faisait campagne avec Râ contre les Sebaou ou les forces malfaisantes du Tiout.
Telles sont les scènes qui décorent les dix-sept parois encore intactes de la
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tombe de Thiti, d’un monument que nous pouvons considérer comme le type le plus complet de ces tombeaux de reines, conçus à peu près sur un même plan, séparés tous uniformément de leurs chapelles, tous ornés élégamment mais à peu de frais, au moyen de tableaux qui ne sont qu’une interprétation très libre des principaux passages du Livre des Morts groupés arbitrairement mais non sans esprit de suite.