XXVII. — A Joséphine
' Ronco, 'i6 fructidor an IV,
lo heures matin (12 septembre.)
Je suis ici^ ma chère Joséphi/ie, depuis deux joiirs^ mal coi(che\ mal nourri -et bien contrarié d'être loin de loi.
Wnrmser est cerné. Il a avec lui trois mille hommes de cavalerie et cinci mille d'infanterie. Il est à Porto-LegnanQ. Il cherche à se retirer à Mantoue, mais cela lui devient désormais impossible. Dès r instant que cette affaire sera terminée, je serai dans tes bras.
Je C embrasse ttn million defois^.
Bonaparte a trop vite cru la partie gagnée : le ■ 28, à Due Gastelli il est mis en échec ; il livre, le 28,1a bataille de Saint-Georges dont la première journée est indécise ; la seconde journée lui assure la victoire. 11 rentre à Vérone le i"'" complémentaire (17 septembre).
' Rec. Hortense , I, 72.
XXMII. — A Joséphine
Vérone, i*^'' complémentaire an IV.
(17 septembre.)
Je t'écris^ ma bonne amie, bien somment et toi peu. Tu es tine méchante et une laide^ bien laide atitant que tu es légère. Cela est perfide., tromper un pauvre mari, un tendre amant! Doit-il perdre ses droits parce qu'il est loin., chargé de besogne, de fatigue et de peine? Sans sa Joséphine, sans Vassurànce de son amour., qtie Itii reste-t-il sur la terre? Qu'y ferait-il?
* Nous avons eu hier tiiie affaire très sanglante. V ennemi a perdu beaucoup de monde et a été complètement battti; nous lui avons pris le fauboitrg de Mantoue.
Adieu, adorable Joséphine, une de ces nuits les portes s'ouvriront avec fracas, comme un jalou.x:et me voilà dans tes bras.
Mille baisers amotireu.v^.
Il est revenu le 3" complémentaire (19 septembre) à Milan où il reste avec Joséphine jusqu'au 21 vendémiaire an V (12 octobre) qu'il part pour Modène. 11 reste à Modène jusqu'au 26.
' Rec. Hurleuse. I, 74. Robert Hall, 2.1.2.