‹ Mme Bonaparte, 1796-1804Chapitre 28 sur 54 · XXIX. — A Joséphine · texte numérisé non relu

XXIX. — A Joséphine

Modène le 26 vendémiaire an V.

à 9 heures du suir (17 octobre 1796.)

J'ai été avant-hier toute lajouniéeen campagne, fai gardé hier le lit. La fièvre et un violent mal de tête, tout cela m'a empêché d'écrire à mon adorable amie, mais fai reçu ses lettres, je les al pressées contre mon cœur et mes lèvres, et la douleur de l'absence, cent milles d'éloignement ont disparu. Dans ce -moment Je t'ai vue près de moi, non capricieuse et fâchée, mais douce, tendre, avec cette onction de bonté qui est exclusivement le partage de ma Joséphine. C'était un rêve. Juge si cela m'a guéri de ma fièvre? Tes lettres sont froides comme à cinquante ans. Elles ressemblent à quinze ans de mariage. On y voit l'amitié et les sentiments de cet hiver de la vie. Fil Joséphine! C'est bien méchant, bien mauvais, bien traître a vous. Que vous reslt-t-il pour me rendre hicn ii plaindre? Ne plus m'aimer? Eh! c'est déjà fait. Me haïr? Eh bien! je le souhaite. Tout avilit, hors la haine; mais l'indifférence au pouls de marbre, à l'œil fixe, à la démarche monotone!...

Mille, mille baisers bien tendres comme mon cœur.

Je me porte un peu mieux. Je pctrs demain. Les Anglais évacuent la Méditerranée. La Corse est à nous. Bonne nouvelle pour la France et pour Varméey

Parti le 2- vendémiaire de Modène, il passe trois jours à Ferrare, et s'établit à Vérone du 2 au i4 brumaire. Il monte à Vicence, attaque infructueusement Alvinzi à Bassano, revient le 17 à Vérone.

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