‹ Mme Bonaparte, 1796-1804Chapitre 31 sur 54 · XXXII. — A LA CITOYEÎSNE BONAPARTE, A MlLAN · texte numérisé non relu

XXXII. — A LA CITOYEÎSNE BONAPARTE, A MlLAN

Vérone, i'"' frimaire an V.

lo heures du soir.

(10 novembre 1796.)

Je vais me coucher, ma petite Joséphine, le cœur plein de ton adorable image et navré de rester tant de temps loin de toi; mais j'espère que dans quelques jours je serai plus heureux et que je pourrai à mon aise te donner des preuves de Vamour ardent que tu m'as inspiré.

Tu ne ni écris plus, tu ne penses plus à ton bon ami, cruelle femme ! Ne sais-tu pas que sans toi,

' BouRRiExNE. Mémoires, I, 106. — Yukg. Bonaparte, III, aSg.

sans ton cœur, sans Ion anioiu\ il nest pour ton mari ni repos, ni bonheur, ni vie. Bon Dieu ! que je serais heuneux si je pouvais assistera U aimable toilette, petite épaule, un petit sein blanc, élastique, bien ferme, par-dessus cela une petite mine avec le mouchoir à la Créole, à croquer. Tu sais bien que je n oublie pas les petites visites ; tu sais bien, la petite forêt noire. Je lui donne mille baisers et [attends avec impatience le moment d'y être. Tout à toi, la vie, le bonheur, le plaisir ne sont que ce que tu les fais.

Vivre dans une Joséphine, c'est vivre dans VElysée. Baiser à la bouche, aux yeux, sur V épaule, au sein, partout, partout" !

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