‹ Mme de GirardinChapitre 22 sur 104 · SON MARIAGE · texte numérisé non relu

SON MARIAGE

Nul pas ne me conduit, — nul accent ne m'éveille ; Pas un nom ne me fait rougir!

Lorsque, de son tombeau levant la froide pierre, Une ombre vient errer dans l'absence du jour, Elle gémit : son âme attend une prière Pour monter au divin séjour ;

Moi, comme elle, implorant une voix généreuse, J'erre dans la tristesse et dans l'isolement : Et comme elle, ici-bas, j'attends, pour être heureuse, La prière d'un cœur aimant !

Cette tristesse n'avait pas échappé à ses amis. Est-ce que vous seriez moins heureuse, lui écrivait Lamartine le 31 décembre 1828. Mais se doutait-il, le beau poète, que Delphine souffrait aussi à cause de lui? Du jour où elle l'avait vu à Terni, elle l'avait aimé; oh! aimé sans aucun espoir, en toute pureté, aimé cependant comme cela se sent bien dans les vers qui suivent. Lamartine, qui venait de passer un mois à Paris, les reçut à Mâcon en juin 1829.

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