RACINE ET BOILEAU
[A Bussy-RabidW A Paris, I ! orlol.ro l'.TT.
... Vous savez bien que le Roi a donné deux mille écus de pension à Racine et à Despréaux, en leur commandant de travailler à son histoire, dont il aura soin de donner des Mémoires. Je voudrais bien voir un échantillon de ce! ouvrage ::.
1 Ulusion an procès soutenu par M. d'Aiguebonne contre la maison de i Irignan.
- M ■' ' .le Sérigné cite perpétuellement Boilcau cl Molière, mais elle ne leur consacre aueun jugement d'importance dans ses Lettres.
e 'lue les deux lii-toriographcs avaient écrh a péri, en l7Ji>. dans l'incendie 'le la maison 'le Valincourt.
[A Baissy-Rabutîri] A Livry, 3 novembre 1077.
... Le roi leur dit, il y a quatre jours : « Je suis fâché que vous ne soyez point venus à cette dernière campagne; vous auriez vu la guerre, et votre voyage n'eût pas été long. » Racine lui répondit: « Sire, nous sommes deux bourgeois, qui n'avons que des habits de ville ; nous en commandâmes de campagne, mais les places que vous attaquiez furent plus tôt prises que nos habits ne furent faits. » Cela fut reçu agréablement. Ah ! que je connais un homme de qualité à qui j'aurais bien plutôt fait écrire mon histoire qu'à ces bourgeois-là, si j'étais son maître J. C'est cela qui serait digne de la postérité !
[A Bxissy-Rabutin] A Paris, 18 mars 1678.
... Ces deux poètes-historiens suivent donc la cour, plus ébaubis que vous ne le sauriez penser, à pied, à cheval, dans la boue jusqu'aux oreilles ; couchant poétiquement aux rayons de la belle maîtresse d'Endymion. Ii faut cependant qu'ils aient de bons yeux pour remarquer exactement et connaître la valeur des actions du prince qu'ils veulent peindre. Ils font leur cour par l'étonnement qu'ils témoignent de ces légions si nombreuses, et des fatigues, qui ne sont que trop vraies. Il me semble qu'ils oui assez de Pair des deux Jean Douccl2. Ils disaient l'autre jour au roi qu'ils n'étaient plus si étonnés de la valeur extraordinaire des soldats ; qu'ils avaient raison de souhaiter d'être tués pour finir une vie si épouvantable. Cela fait rire, et ils font leur cour.
-' Il s'agit de Bussy (auquel ces lettres sont adressées). Cet intrigant, qui vivait en disgrâce, accabla Racine et Boileau de ses sarcasmes. 2 Bateleurs qui jouaient les niais.
Introduction.