LES DERNIERES ANNEES
L'empereur la traitait en prétendante. Il était permis à Mme de Staël de s'exagérer le personnage qu'elle jouait en Europe. Elle n'aurait pas été femme si elle n'avait trouvé, dans sa persécution même, un hommage indirect qui flattait son orgueil. Ce sentiment se trahit à l'allure grandiose et exaltée qu'elle donne, dans son livre des Années d'exil^ au récit de ses démêlés avec Napoléon. La souffrance et la haine y éclatent en traits trop aigus et trop ardents pour qu'il soit utile de prémunir le lecteur. Ce n'est pas un écrit d'histoire : Fauteur ne juge point. Ce n'est pas un pamphlet : l'auteur n'écrit point pour publier son livre et agiter les esprits. C'est la clameur pathétique et l'imprécation d'une victime. Il y a sans doute dans ces mémoires trop d'épigrammes de salon à côté de