LE DOMESTIQUE
J'y vais.
d'hérissel.
D'Herissel, chef d'escadron.
LE DOMESTIQUE, qui était près de sortir , s'arrête. C'est différent... Madame ne reçoit jamais de luililuires, encore lupins des chefs d escadron.
d'hérissel.
, Et qui reçoit-elle donc?.... Ne faut-il pas donner ma de'mission pour nie faire présenter chez elle ?... ( J'^oyant Irène qui sort du cabinet à gauche do l'acteur. ) Laisse-nous... voici lieureusement quelqu'un de connaissance... ma chère Irène.
^cèuc 2.
D'HÉRISSEL, IRÈNE.
IRÈNE , courant à d' Hérissai.
Monsieur d'He'rissel dans ce ]);iys!
LE DOMESTiQfjE . Sortant. Mademoiselle le connaît... c'ctjUliffeVeut... je vais toujours., en pre'vcnir Madame.
IRÈNE
Est-ce pour moi que vous venez?
CnÉBlSSEL.
Oui, ma clière enfant.... c'est-àdire , nous revenons d'Es- pagne, et, comme mon re'giment passe quelques heures dans cette ville, j'ai voulu voir mes amis... Anatole, mon jeune cousin , qui y demeure depuis quelques temps ; et toi , surtout, qui es presque ma pupille... car je suis ton suhroge'luteur.
IRÈNE
Vous l'ouWiez souvent.
d'ébissel.
C'est vrai... mais je ne connais rien aux affaires, et celui qu'on t'a donne' pour tuteur est un honnête homme qui les entend mieux que moi... Monsieur de Sainte-Agnès, ton oncle , un ami d'enfance, un receveur ge'ne'ral qui a l'hahitudc d'avoir les fonds des autres méle's avec les siens , et qui ne se trompe jamais; ce qui est rare... ainsi, je ne m'informerai pas de ta fortune, luids de ton bonheur... Es-tu contente?... t'amuses-tu ici?...
IRÈNE
Pas beaucoup.
d'hérissel.
Oh ! cela veut dire que tu t'ennuies.
IRÈNE
A la mort.
C'est e'tonnant... ce devi'ait,être une maison agre'ahle. Sainte- Agnès est mon ancien camarade... et je me rappelle son huuiêur et son caractère... il amait la joie , les plaisirs.
IRÈNE
Oui , mais mon oncle n'est pas le maître.... il s'est marie'.... et sa femme le gronde quand on s'amuse. d'hérissel.
C'est donc une vieille femme ?
IRÈNE
Non... elle est jeune encore; mais elle ne reçoit que des gciiS graves et sérieux... et elle tient à ce que je sois toujours là, à côte' d'elle... Le dessin, la danse, la musique, sont Aes exercices qui me sont interdits; mais en revanche , nous avons des cours de morale, des conférences de morale et des assemble'es de vieilles femmes où l'on dit du mal de tout le monde.
d'hérissel.
Quelle auste'rite'!... C'est donc une...
IRÈNE
Eh! mon Dieu , oui.
Air -./leste;:, restez troupe jolie^ j^ Au porirait que tn viens de faire,
Soucloin Je l'avoia deveaé :
(5) Elle suit la marche ordinaire , Et je n'en suis pas clonné ; Car ces dames qui , sur la danse , S'en vont lançant des interdits , Classent du moins la médisance Au nombre des plaisirs permis,
U'UÉRISSEL.
Et d'après ce que je vois , tu n'es pas h. la hauteur de ses principes.
IRÈNE
Jb n'en sais rien... je tâche de ne par faire de mal. Je remplis mes devoirs avec exactitude; mais je vaisauhal avec mon ancle quand l'occasion s'en présente , et au spectacle quand nous avons une troupe dans l'arrondissement. d'hérissel.
Cela me paraît convenable... En ce cas il faut, ma chère Irène , sortir de tutelle : il faut te marier.
IRÈNE
Oh ! mon Dieu , mon ami , je ne demanderais pas mieux.
u'uÉRlSSEL.
Eh bien! cela me regarde. Je vais en parler u mon ami Sainte- Agnès... à sa femme.
IRÈNE
Non vi^iment.
Et pourquoi ?
D HERISSÇL.
A. IRENE
C'est que déjà ils m'ont propose' plusieurs partis que j'ai tous refuse's... pour des raisons... que je ne puis vous dire... si bien que maintenant ma tante' est persuade'e que je veux rester fille, et entrer au couvent.
d'hérissel.
Au couvent.!
IRÈNE
Ce qui me ftiit beaucoup d'honneur à ses yeux... J'ai déjà reçu les coniplimens de felicitation de toute la socie'te'... et maintenant, je ne sais comment faire pour leur de'clarer... d'hérissel.
Je m'en charge... mais auparavant il i'xut avoir en moi nne confiance entière, et m'expliquer pourquoi tu as déjà refusé les partis qu'on te proposait... Pour quelles raisons ?.. je te le demande.
IRÈNE
J'aime mieux que vous ne me le demandiez pas.
d'hérissel.
Est-ce que ces prétendus avaient des défauts ?
IRÈNE
Des défauts!.... non, ils n'en avaient qu'un.... ils avaient tous le même... c'est que je ne les auiais pas.
DilÉRiSSEL.
Ce rjui veut dire que peut-être tu en amais un autre ?
IRÈNE
J'en ai bien peur^
d'hérissel.
Et pourquoi donc ?.. ne suis-je point là , moi , ton suliroge'tuteur, ton second père!.... j'ai voix de'libe'rative au conseil de faniille.
IRÈNE
Oli! non... j'en mourrai de honte. Comment!.... est-ce que ce choix serait indigne de toi?
IRÈNE
Oh! mon Dieu , non... de la naissance , de la fortune... un caractère charmant.
d'hérissel.
U me semble alors qu'il n'y a pas d'obstacle.... car à ce que je puis voir... celui-là n'est pas comme les autres prétendus il n'a pas le de'faut dont nous parlions tout-à l'heure ?
IRÈNE
Hélas , non ! mais ce défaut-là c'est moi qui l'ai à ses yeux.
d'hérissel.
Que dis-tu ?... il ne t'aimerait pas!... ce n'est pas possible.
IRÈNE
Il ne pense seulement pas à moi... et cependant nous nous voyonstoute la journée., car, à !a suite d'une longue maladie, venant ici pour prendre les eaux, il seet fait présenter chez M. de Sainte- Agnès qu'il avait connu autrefois à Paris.
DnÉRISSEL.
Comment! est-ce que ce serait?...
IRÈNU.
Je vous en prie , ne m'en demandez pas d'avantage , et ne cherchez pas à le connaître.... je l'oublierai, je vous le jui-e.
Air : Pour le trouve^' ,f arrive en Allemagne ( cI'Yblva. ). Mais d'ici là, plus d'iiyménée !
Surtout, pour moi', plus de couveot; Jugez , si j'y suis condamnée , Combien le péril est plus grand.
Dans Im monde , où je suis distraite, Parfois , son souvepir in'a fui...
Mais seule, hélas !... seule , et dans la retraite,
J'y serais toujours avec lui...
S'il fallait vivre , liélas ! dans la rel/'aile. J'y serais toujours, avec lui.
d'hérissel.
Pauvre enfant!... maisj'entends ce cher Sainte-Agnès.
IRÈNE
Mon tuteur!... je vous lai.sse.,. mais songez bien que c'est à vous seul que j'ai confié mon secret. d'hérissel.
Sois tranquille.... j'ai toujours gardé roux des autres,...
(7) ( Irène rentre dans le cabinet à gauche. ) Pour les miens, c'est différent.... ils sont à moi , j'en fais ce que je veux.
%cènc 5.