LES RÉFLEXIONS SUR LA PAIX
L’année 1791 l’avait vue monarchiste avec Narbonne pour connétable de la monarchie constitutionnelle; l'an III allait la voir républicaine avec Benjamin Constant pour législateur de la république libérale. Talleyrand était allé d'Angleterre en Amérique; elle faisait, à sa façon, le même voyage. Il lui parut que le préliminaire essentiel de l'établissement de la liberté était le rétablissement de la paix; il fallait que l’Europe la donnût, que la France la reçüût; que l’Europe renonçät à démembrer la France sous prétexte de droits anciens ou de garanties présentes, que la France cessât d’envahir ses voisins et de conquérir leurs Étais sous prétexte de convertir les peuples à l'égalité. Autrement ni la guerre, ni la dictature révolutionnaire, qui en était la conséquence, ne finiraient point. M. de Staël soutenait sa femme dans ce sentiment. [Il revint à Coppet dans l’automne de 1794. Il souhaitait la paix, parce qu'il était humain et judicieux; il ambitionnait de la procurer entre la République et la Suède, parce qu'il était, par-dessus tout, diplomate, et que Paris, malgré la Révolution, lui semblait toujours le premier des postes.
Mme de Staël était dans toute la ferveur de son admiration pour l’Angleterre, son parlement, son premier ministre et la noble entreprise d'ordre européen. qu’elle leur attribuait. Ils étaient l’âme de la coalition. « M. Pitt et la France, une nation et un homme, voilà ce qu’il importe de persuader », se ditelle. C’est l’objet d’un ouvrage qu’elle publia, en
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Dr Suisse, à la fin de 1794 : Réflexions Sur la paix adrés-
DE sées à M. Pitt ét aux Français. Mme de Staël s'y
| révèle écrivain politique; mais elle imite encore. Sa = brochure est üne Sorte d'amplification de Mallet du Pan, dont elle admirait beaucoup les écrits. Des
vues fermes d'ailleurs, politiques alors, historiques depuis. k
D Les puissances, dit-elle, ont pris les Français à
rebours ; elles prétendent restaurer là monarchie des
hostile, et rétablir l’ancien régime qui lui est odieux; “elles écoutent les émigrés et refusent de s’en servir,
ee grés prétendent « reculer jusqu'aux préjugés du xive siècle, ils veulent qu'il ne reste rien d'une révolution qui a remué toutes les passions des hommes »; ils y ont vu le complot de quelques factieux, alors que les mouvements du peuple entier . orit tout fait : « jamais — dans cette révolution — Îles hommes f’ont été que les instruments de l'idée
moyens et non comme des chefs ». La France nà cédera ni sur l’article de l’ancien régime, ni sur l'article de l'indépendance nationale. L'intérêt des L ï particuliers, lé patriotisme, l’orgueil des victoires,
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l'enthousiasme des idées démocratiques se réunis-
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Bourbons, à laquelle la France est indifférente où elles menacent de traiter tous les Français en bandits;
. £ à : LA « au lieu de les garder sans les croire ». Ces émi-
dominante; le peuple les a regardés comme des
4 *. n 2 : ? « “ sent pour intéresser les Français au succès de la République. C’est Le ressort des Jacobins : la guerre Fe a fondé leur règne et le conserve. Veut-on la paix?
al.