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LES RÉFLEXIONS SUR LA PAIX

Il faut rassurer le parti modéré qui ne peut préva-. œ "1 . . - . 7 £ loir que par la paix, et il faut gagner, par la paix,

la France au gouvernement de ce parti. La France

voudra la paix si l’Europe reconnaît la République.

et respecte le territoire français. Que l'Europe y

prenne garde. La France n’en est plus à se défendre:

elle envahit. Elle est disposée à donner des bornes SR

à ses conquêtes; « mais si la paix n’est pas conclue

cet hiver, il est impossible de prévoir au centre de

quel empire les Français la refuseront l’année prochaine ». Voilà pour Pitt et pour ses alliés; voici pour les Français. La paix, c’est la liberté, c’est la pitié, c’est la justice, c’est aussi la politique. « La France n'a point d'intérêt à aguerrir les nations 7 voisines, à les rendre belliqueuses comme elle, en y portant le même esprit. » Mme de Staël s'élève D très haut ici; elle pressent le grand reflux du siècle:

la Révolution, en effet, se retournera, d'autant plus redoutable, contre la France qu'elle prendra, en dehors de la France, une forme plus nationale et plus démocratique. Ajoutez le péril des armées, qui k. envahiront la République, si on ne les licencie peu à peu et si on n’en diminue l'importance dans l'État. La conquête indéfinie est une impasse. « Français!

vaincre : organisez; et vous, Européens, cessez « de disputer le terrain que le volcan menace d'engloutir ».

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tout vous cède, hors l’immuable nature des choses se qui ne vous permet pas de fonder un gouvernement’ £ sur des principes désorganisateurs. » Cessez de

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7 Poe Na Jr) ati - ; ==

__ Mme de Staël ne 8 explique point davantage en a cet écrit sur ces limites que fixe à la conquête « l’immuable nature des choses », sur ce terrain 3s

«que le volcan menace d’engloutir » et que l'Europe

‘doit abandonner aux Français. Elle s’en est expli- quée ailleurs, avec la dernière clarté, et c’est un T4 =. point de sa pensée sur lequel il importe, dès main- : ; Le SE tenant, de supprimer toute équivoque. Elle pose F

comme éléments fondamentaux de la nation « la différence des langues, les limites naturelles, les souvenirs d’une même histoire ». La communauté des traditions l’emporte, selon elle, sur la différence des langues, et les limites naturelles l’emportent sur les traditions même. C'est « une des idées dominantes du xix° siècle », dira-t-elle plus tard. Pour la France, ces limites sont marquées par les Pyrénées, les Alpes et le Rhin. « L’éternelle barrière du Rhin sépare des régions intellectuelles, non moins que des contrées. » « Cette frontière du Rhin est solennelle, on craint, en la passant, de s'entendre prononcer ce mot terrible : Vous êtes hors de France! » La République veut et doit vouloir la paix dans ces limites. Alors « la force de la France est en équilibre avec celle des autres États de l’Europe ». Au delà, la France excède, et la République devenue conquérante se voue au gou-

= vernement militaire. C’est avec cette arrière-pensée, î latente en quelque sorte dans les Réflexions de l'an TT, qu'il faut lire cet ouvrage et qu'il convient d'interpréter tout ce que, par la suite, Mme de 4

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