MADAME DE UP
l'on donne à son chant, à sa danse, à son éloquence, à son esprit; mais elle n’en est ni coquette ni impatiente. Les succès d'autrui ne la blessent point, l'éloge décerné à d’autres ne lui semble pas un vol; elle supporte la critique : « Il faut, disait-elle, que l’amour-propre s ’accoutume à faire crédit à la | louange, car avec le temps on obtient ce qu'ôn mérite ». | | Il y a du décousu dans l’arrangement de son existence, encore plus dans son travail. À Coppet, comme à Paris, c'est un va-et-vient continuel de visiteurs et d'amis. Elle improvise ses livres au milieu d'eux, ses idées jaillissent à la riposte. C’est en quoi Benjamin Constant lui est si précieux. : £ Il l'électrise. Beaucoup d'étincelles se dissipent et s'éteignent dans l’espace. Elle avait, dit un des … hôtes de Coppet, Chênedollé, « plus d'esprit qu’elle n'en pouvait mener ». Ce qu'elle garde, elle le jette, à l’impromptu, dans ses moments perdus, sur des chiffons de papier. Elle griffonne à la volée, partout, à sa toilette, pendant qu’on la coiffe, debout devant la cheminée, à table, au déjeuner du matin. e Elle n'a ni heures de retraite, ni bureau à écrire. Loin de l'énerver, les visites sont un soulagement +: pour elle. Elle ne connaît point d'importuns. Nulle étude qu'elle n’abandonne avec empressement pour causer. Une belle mémoire, une présence d'esprit très
“rare lui permettent re se reprendre à la ligne interrompue.
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