CHAPITRE III É
LE LIVRE DES PASSIONS — LE CONSULAT —= LE LIVRE DE LA LITTÉRATURE — DELPHINE 1796-1803
Mme de Staël n’écrit ni par vocation, ni par pro-
fession. Ecrire est pour elle un pis-aller de la vie et
de la politique. Elle travaille pour s2 distraire d’elle-
même et dépenser le trop-plein des sentiments qui
l’agitent; mais elle aime mieux parler qu’écrire, et écrire ses pensées que lire celles d’autrui. Il lui arrivait souvent de ne pouvoir fixer son esprit sur un livre. « Je ne comprends rien à ce que je lis, disait-elle alors, et je suis obligée d'écrire. » Elle écrit aussi, à Coppet surtout, pour le plaisir de communiquer ses compositions à ses hôtes, et pour se rappeler de loin à ce Paris qui lui manque toujours. C’est de la conversation indirecte. Elle s’échauffe pour ses ouvrages quand ils sont en projet; elle les délaisse dès qu'ils sont publiés. Elle jouit des louanges données à ses écrits comme de celles que ALBenT Sonez. — Mme de Staël. 5
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