BERNIS
Rousseau paraît : Thèbes respire Aux nouveaux accents d'Àmphion :
Neptune , au fond de son empire , S'émeut à la voix d'Arion :
David renaît ; l'Olympe s'ouvre ; Dieu sur un trône se découvre Au peuple dont il est l'appui.
Que tout s'abaisse et se confonde :
Les cieux , les âges , et le monde , S'évanouissent devant lui.
Du maître immortel de la lyre Tels sont les sublimes portraits :
Qu'il serait grand si la satire Avait moins aiguisé ses traits !
Si plus souvent la douce ivresse Du fameux vieillard de la Grèce .
Déridait son front sérieux !
Et si la main de la nature Effaçait l'empreinte trop dure De ses efforts laborieux !
La Motte a peu senti la flamme Dont brûlaient ces chantres divers ; Les vains éclairs de l'épigramme Brillent trop souvent dans ses vers.
Plus philosophe que poète , Il touche une lyre muette ; La raison lui parle , il écrit :
On trouve en ses strophes sensées Moins d'images que de pensées, Et moins de talent que d'esprit.
Faible disciple de Pindare , Rival heureux d'Anacréon , t. h. 13