‹ Modèles de littérature française (volume 2)Chapitre 144 sur 168 · BÉRANGER · texte numérisé non relu

BÉRANGER

BÉRANGER (Piebbe Jean de) , naquit à Paris en 1780. Ses premières études furent fort négligées. Il entra à quatorze ans dans l'imprimerie de M. Laisné, où il apprit les premières règles de l'orthographe et de sa langue. En 1808, grâce à l'appui d'Arnauld, il fut admis en qualité de commis expéditionnaire dans les bureaux de l'Université, où il resta douze ans. Pendant les premières années, il s'exerça silencieusement dans un genre où il ne brillait guère encore ; on peut s'en convaincre par la lecture de quelques chansons de son recueil qui portent la date de 1810, et il n'y a, pour ainsi dire, ni style ni pensée. Un peu plus tard, il trouva sa véritable veine; le Sénateur et le Roi dYvetot% qui sont de 1813, indiquaient déjà un chansonnier d'un genre tout nouveau , qui ne reculerait pas devant les sujets les plus élevés. C'est, en effet , dans la chanson politique, que Béranger s'est le plus distingué, et c'est parce qu'il a donné une forme aussi neuve que pure et harmonieuse au sentiment populaire, qu'il a mérité ce beau nom de Poète national.

Les Enfants de la France .

Reine du monde, ô France, ô ma patrie ! Soulève enfin ton front cicatrisé.

Sans qu'à tes yeux leur gloire en soit flétrie , De tes enfants l'étendard s'est brisé; Quand la fortune outrageait leur vaillance , Quand de tes mains tombait ton sceptre d'or, Tes ennemis disaient encor :

(( Honneur aux enfants de la France ! »

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