‹ Modèles de littérature française (volume 2)Chapitre 33 sur 168 · DESPORTES · texte numérisé non relu

DESPORTES

Des vents émus , soufflant horriblement ' ; Et quand , la nuit , à son aise il sommeille , Une trompette en sursaut ne Féveéfle Pour l'envoyer du lit au monument.

L'ambition son courage n'attise ;

D'un fard trompeur son âme il ne déguise ;

Il ne se plaît à violer sa foi ;

Les grands seigneurs sans cesse il n'importune a :

Mais , en vivant content de sa fortune ,

Il est sa cour , sa faveur et son roi.

Je vous rends grâce , ô déités sacrées

Des monts , des eaux , des forêts et des prées 3,

Qui me privez de penser soucieux ,

Et qui rendez ma volonté contente ,

Chassant bien loin la misérable attente ,

Et les désirs des cœurs ambitieux.

Si je ne loge en ces maisons dorées , Au front superbe , aux voûtes peinturées D'azur, d'émail, et de mille couleurs, Mon œil se paît 4 des trésors de la plaine , Riches d'oeillets , de lis , de marjolaine , Et du beau teint des printanières fleurs.

Dans les palais enflés de vaine pompe , L'ambition , la faveur qui nous trompe , Et les soucis logent communément :

Dedans nos champs se retirent les fées , Reines des bois , à tresses décoiffées 5 , Les jeux , l'amour, et le contentement.

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