‹ Modèles de littérature française (volume 2)Chapitre 47 sur 168 · Pégase, qui d'un coup de taine du Cheval · texte numérisé non relu

Pégase, qui d'un coup de taine du Cheval

MAYNARD. 6f>

Les ministres traitent si mal Ce rare et fameux animal, Que tout le monde s'en étonne.

Bien qu'il soit digne de leur soin , lis ne veulent pas qu'on lui donne Une pauvre botte de foin !.

Énlgramme.

Flote, vois-tu ce petit homme Qui parle avec tant de mépris De tout ce que la vieille Rome Nous a laissé de beaux écrits?

Tout son plaisir est de mftlire ; Mais ceux que son caquet déchire L'ont horriblement diffamé.

Sa bosse est souvent bâtonnée , Et dit-on 2 qu'elle a consumé Plus de bois que sa cheminée.

Stances au cardinal de Richelieu.

Armand , l'âge affaiblit mes yeux ; Et toute ma chaleur me quitte.

Je verrai bientôt mes aïeux Sur le rivage du Cocyte.

C'est où je serai des suivants De ce bon monarque de France , Qui fut le père des savants, En un siècle plein d'ignorance.

1. Ces sonnets de Maynard sont ne sont pas sur les mêmes rimes, irréguliers , puisque les quatrains 2. L'on dit.

Dès que j'approcherai de lui , Il voudra que je lui raconte Tout ce que tu fais aujourd'hui, Pour combler l'Espagne de honte.

Je contenterai son désir Par le beau récit de ta vie , Et charmerai le déplaisir Qui lui fait maudire Pavie K

Mais s'il demande à quel emploi Tu m'as occupé dans le monde , Et quels biens j'ai reçus de toi, Que veux-tu que je lui réponde 2?

^plgramme.

Yeux-tu que tes dîners ne me déplaisent pas? N'y récite jamais ce qui part de tes veilles; Ouïr de mauvais vers durant un bon repas, C'est contenter la gueule aux dépens des oreilles.

Dizain a Malherbe.

Un rare écrivain comme toi Devrait enrichir sa famille , D'autant d'argent que le feu roi En avait mis dans la Bastille.

Mais les vers ont perdu leur prix ; Et pour les excellents esprits , La faveur des princes est morte.

Malherbe , en cet âge brutal , Pégase est un cheval qui porte Les grands hommes à l'hôpital

1. François Ier fut fait pri- 2. On sait que le cardinal ayant sonnier à la bataille de Pavie, lu ces vers répondit assez dureen 1525. ment: «Rien.»

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